Pris en otage entre les revendications syndicales et le silence de la tutelle, le malade algérien continue de souffrir le martyre.
Le secteur de la santé tombe dans la catégorie des maladies chroniques. Il régresse de plus en plus depuis l'arrivée de Djamel Ould Abbès, à la tête de ce département, à en croire Mohamed Yousfi, président du syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique (Snpssp). Malgré la succession des différents ministres à la tête du secteur, le langage développé par M.Yousfi n'a pas changé. Lors d'une conférence de presse animée, hier au siège du syndicat à Alger, le président du Snpssp est revenu sur les sept revendications déposées depuis plus d'un an, sur le bureau du ministre.
Une tutelle qui continue de camper sur sa position, à savoir ne pas recevoir les représentants des praticiens de la santé, au point de leurs interdire l'accès au siège du ministère de la Santé. «Malgré l'aisance financière du secteur de la santé, les résultats n'ont pas suivi à grande échelle, si ce n'est quelques replâtrages effectués pour faire croire que l'on avance dans le secteur de la santé», a affirmé le président du Snpssp. Le conférencier s'est plaint de plusieurs anomalies et incohérences, dont l'exclusion des syndicats autonomes des décisions officielles qui engagent l'avenir du secteur.
«C'est une véritable chasse aux syndicats autonomes. Tous ceux qui ne veulent pas marcher dans les combines de Djamel Ould Abbès, sont réduits au silence.» Avant d'ajouter que le ministre de la Santé «a bafoué les lois et les règles qui régissent la médecine à l'échelle internationale», selon le Dr Yousfi. En dépit de la dégradation de la situation qui règne dans le secteur de la santé, le conférencier a révélé qu'une moyenne de 400 spécialistes qui ont plus de 20 ans d'expérience, ont quitté leurs postes dans le secteur public sur les 8000 existants, pour rejoindre le privé, a-t-il indiqué. Déplorant aussi la promulgation de deux décrets portant respectivement ouverture de concours de passage au grade de praticien spécialiste principal de santé publique et composition des jurys qui ne répondent pas aux critères de tel concours, le Dr Yousfi juge à travers les deux décrets du 15 août dernier, comme «une dévalorisation du concours lui-même et une assimilation à un simple examen professionnel, indigne du niveau universitaire». Contrarié par les pratiques du ministre de la Santé et quelques conseillers qui imposent des lois contre la volonté des syndicats autonomes, notamment les plus représentatifs, le conférencier à conditionné la participation des praticiens de la santé à ce concours, par l'annulation pure et simple des deux décrets. «Au cas où il n'y aura pas de suite à notre revendication dans ce sens, nous allons appeler les praticiens de la santé pour boycotter le concours», a averti le président du Snpssp. Par ailleurs, les dossiers de participation au concours de passage au grade de praticien spécialiste principal, devront être déposés à partir du 9 septembre et ce jusqu'au 9 octobre 2012. Trois centres d'examens sont mis en valeur pour ce concours, à savoir Alger, Constantine et Oran. Une fois les dossiers réceptionnés, la date du concours sera arrêtée. Le nombre des postes à pourvoir et les lieux de recrutements ne sont pas annoncés à présent.
*Réconforté par la présence de la caméra de la Télévision nationale pour la couverture de leurs activités syndicales, le président du Snpssp n'a pas hésité à faire un appel aux responsables concernés pour éviter la censure des passages phares de leurs préoccupations. Fort du renouvellement du bureau national du Snpssp, qui a été tenu les 18 et 19 juin dernier, le syndicat des praticiens spécialistes devra se réunir dans les prochains jours, afin de prendre des décisions concrètes pour mener d'autres actions publiques, qui leur permettent d'aboutir à la satisfaction totale de leurs revendications.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amar CHEKAR
Source : www.lexpressiondz.com