
Le lac de Réghaia se meurt. Il y a urgence à entamer une action pour préserver au mieux ce site classé zone humide en 2003 dans le cadre de la Convention Ramsar (Iran). Un véritable SOS a été lancé, hier, par les responsables du Centre cynégétique de Réghaïa (CCR), les agriculteurs des zones alentour et des chercheurs au directeur général des forêts, Mohamed-Seghir Nouel, à l'occasion de la célébration de la Journée mondiale des zones humides sous le slogan « zones humides et l'agriculture, cultivons le partenariat ». La pollution industrielle générée par les 200 unités réparties sur 1000 ha et les 9 décharges sauvages répertoriées sont un véritable danger qui menace l'écosystème et perturbe l'équilibre naturel. A cet effet, le DGF a évoqué le rôle de la station d'épuration qui permet de traiter l'eau avant son déversement dans le lac. Pour le directeur du CCR, Abdelghani Benmessoud, « la capacité de cette station, bien que renforcée en 2010, ne répond plus aux besoins grandissants en matière de prise en charge des déchets ». Il confirme par ailleurs que de « récentes analyses ont montré la présence de métaux comme le cuivre et l'aluminium et même des traces de mercure ».Au service de l'agricultureM. Nouel a, lors de la visite du site, rappelé que des plans de gestion intégrée impliquant l'ensemble des secteurs sont prévus pour asseoir une gestion durable prenant en considération les besoins socioéconomiques et la nécessité de leur préservation. Aussi, une stratégie nationale est en cours d'élaboration pour déterminer les orientations de gestion et de valorisation des zones humides à l'horizon 2030. Le Dr. Mohamed Larid, enseignant à l'institut Insmal de Dely Ibrahim, demande « un statut spécifique de préservation ». Il affirme que « le groupe de travail a déjà finalisé ses rapports sur le plan côtier de Réghaïa et attendent leur validation pour entamer les travaux ». De son côté, le représentant de la FAO en Algérie, Nabil Assaf, a mis en exergue l'importance des zones humides dans la vie agricole. « L'Organisation des Nations unies a décrété 2014, année de l'agriculture familiale et la Convention Ramsar qui regroupe 168 parties contractantes a choisi les zones humides et l'agriculture comme slogan de cette journée mondiale. Les zones humides servent l'agriculture depuis des millénaires d'où la nécessité de les préserver car elles servent de supports pour une agriculture nourricière ». Ce lien des zones humides avec l'agriculture est également souligné par Mohamed Hafrad, agriculteur de la région. « Nous avons toujours utilisé l'eau du lac pour irriguer nos champs. En 1970 on pouvait même boire cette eau, mais la pollution altère la source. Des informations font état du déversement de près de 30.000 litres d'acide dans le lac. Nous demandons de détourner l'eau polluée du lac vers un autre oued loin de nos terres », dira-t-il. Un autre agriculteur, Abdelkader Messoudi, tout en déplorant le pullulement de sangliers qui ravagent la récolte, déplore la dégradation de la qualité de l'eau du lac. En Algérie, toutes les terres adjacentes aux zones humides du Nord et des Hauts-Plateaux sont exploitées dans une agriculture florissante. Même les oasis renferment une agriculture maraîchère importante qui répond aux besoins des populations.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Souhila Habib
Source : www.horizons-dz.com