
Pour un coup de maître, c'est réussi pour la chaîne Planète + appartenant au groupe Canal + et qui envisage de devenir une chaîne de la TNT. Pour attirer les regards des annonceurs et surtout des téléspectateurs, Planète+ a commencé à diffuser une série documentaire qui tente d'évaluer le rôle des premières dames dans les régimes sanguinaires autour de la planète: «Despot housewives.» Un clin d'oeil à la série américaine «Desperate housewives», qui évoque en scène le quotidien mouvementé de quatre femmes. Cette enquête réalisée par Joel Soler aurait pu être complète, si elle n'avait pas eu une arrière-pensée colonialiste. Quand on a demandé sur le plateau du Grand Journal, les raisons qui ont poussé le réalisateur Joel Soller à faire ce documentaire, il a répondu que c'est pour rendre hommage à son grand-père qui a été tué en 1962 à Oran: allusion faite aux massacres d'une centaine de colons provoqués par quelques Oranais vindicatifs du traitement des colons durant la guerre d'Algérie. Pour réussir son projet, Joel Soller s'est associée à une autre pleurnicharde de la décolonisation, Leïla Kaddour-Boudadi, journaliste sur France Inter et ex-Arte, issue de parents harkis et qui a prêté sa voix à la série documentaire originale «Despot housewives» diffusée du 20 septembre au 18 octobre sur Planète+. Ceci c'est au plan parcours historique des auteurs, mais sur le plan audiovisuel, la série documentaire est une grande arnaque. La série de Joel Soler, était censée donner la parole à cinq familles de femmes de dictateurs et les types de régimes qu'elles incarnent. Mais sur les cinq femmes visées, une seule est interviewée: Imelda Marcos. Joel Soler a usé du conflit entre certaines femmes de dictateurs et personnalités connues proches pour meubler son doc. C'est ainsi qu'il a utilisé les querelles entre Souha Arafat, la veuve du leader palestinien Yasser Arafat qui intervient en bonne posture pour démonter Leila Trabelsi, la femme de Ben Ali, qui n'a jamais été qualifié de dictateur par les médias français avant la chute du régime en décembre 2011. Souha Arafat est pourtant accusée par certains médias tunisiens et notamment Nessma TV d'avoir détourné de l'argent en Tunisie et d'avoir utilisé le Fond palestinien pour faire des affaires. Dans son interview elle n'a pas évoqué son association avec Leila Benali dans une école. Elle avait bénéficié à l'époque de nombreux avantages du régime de Ben Ali: nationalité tunisienne pour sa fille, résidence de luxe, protection et aide financière. Après son expulsion, la femme d'Arafat se venge en critiquant son ancienne associée. Pour sauver son documentaire qui manque d'interviews avec les personnes citées, Joel Soler utilise l'ex-Première Dame des Philippines, Imelda Marcos. MaisMme Marcos utilise également le documentariste français pour améliorer son image entachée par le Newsweek magazine qui l'a qualifiée de femme la plus avare de l'histoire. Dans le premier épisode de la série, le réalisateur français utilise également Marie-Reine Hassen, qui fut l'une des 17 femmes de Bokassa, le dictateur centrafricain. Candidate à la prochaine élection présidentielle en Centrafrique, ce documentaire lui servira d'une bonne publicité pour sa future campagne électorale. Mais pour le reste rien d'original, le réalisateur a utilisé des images d'archives pour combler le refus d'interview de Michèle Bennett, épouse de Duvalier (Haïti) et Leïla Ben Ali. Joel Soler a bien essayé de nous faire croire qu'il a contacté ces femmes, mais aucune image, ni mail ou communication sonore, n'ont pu étayer ses dires. Du coup, il s'est contenté de l'interview de Mme Marcos qui a apporté du poids et de la force à un documentaire bien faible en révélations. Espérons que la série documentaire «Despot Housewives» de Planète +, qui compte cinq volets va nous étonner dans les semaines à venir.[email protected] /* */
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amira SOLTANE
Source : www.lexpressiondz.com