Le Maroc est en train de se renforcer et de s'équiper avec de nouveaux matériels militaires de guerre. La politique de surarmement à laquelle se livre depuis quelques années Rabat, avec notamment des contrats pour des équipements de surveillance radar sophistiqués et de nouveaux avions de combat, inquiètent les responsables du Front Polisario. Le président de la République Arabe Sahraouie (RASD), M. Mohamed Abdelaziz a, en fait, dénoncé «la politique marocaine de surarmement et le redéploiement de ses troupes militaires dans les territoires sahraouis occupés, ainsi que ses menées expansionnistes». Selon le responsable sahraoui, «la politique actuelle du Maroc de se doter en armement de tout genre (aviation, blindés, missiles divers) et de redéployer des troupes militaires dans les territoires sahraouis occupés cachent une volonté de nuire, qui rappelle ses visées expansionnistes, au détriment de ses voisins, depuis les années 1960». Le Maroc, qui bénéficie des largesses de l'administration Bush en matière de matériel de guerre, a signé, l'année dernière, un contrat avec l'avionneur français Dassault pour l'achat et la rénovation de Rafales. En outre, des contrats d'achats de matériels de guerre auprès de plusieurs fournisseurs, notamment français, américains et espagnols ont été signés par les autorités militaires marocaines, dans le cadre d'une vaste opération de surarmement et de redéploiement des missions des différentes unités, particulièrement celles stationnées dans les territoires occupés du Sahara Occidental. Pour le président de la RASD, «cette course à l'armement est une préoccupation profonde pour le peuple sahraoui, au moment où le conflit maroco-sahraoui est entre les mains des Nations unies et où le Maroc fait face à une situation sociale et économique difficile». D'autant que, a-t-il ajouté dans sa conférence de presse, «on assiste à un revirement de la politique du Maroc vis-à-vis du conflit sahraoui et à son option pour l'escalade, qui signifie une volonté d'agression contre la RASD, les Nations unies, la légalité internationale et surtout la stabilité de la région». Cette affirmation du président sahraoui intervient à un moment crucial des efforts de la communauté internationale et de l'ONU pour trouver une issue démocratique à ce conflit qui n'a que trop duré. Les «bruits de bottes» du côté marocain interviennent à un moment crucial dans le processus de négociations préconisé par l'ONU, entre le Maroc et le Front Polisario, pour trouver une voie de règlement du conflit qui puisse répondre aux exigences de la communauté internationale, relatifs à l'organisation d'un référendum d'autodétermination pour le peuple sahraoui. Le président sahraoui a souligné que «cette velléité agressive marocaine» précède la reprise du 4e round des négociations directes de Manhasset. Initialement prévues le 11 mars, ces discussions ont été décalées de 5 jours et devront se tenir, finalement, le 16 mars prochain, près de New York. Or, pour les Sahraouis, ce qui reste «incompréhensible». Une incongruité de plus du côté marocain dans ce fastidieux processus de négociations, alors qu'en réalité, Rabat avec son fameux plan d'autonomie, fait tout pour achever l'annexion totale et complète du Sahara Occidental. Selon le président Mohamed Abdelaziz, la délégation sahraouie se déplacera à Manhasset en espérant que la partie marocaine fasse un effort pour ouvrir la voie à un règlement pacifique du conflit. Pour autant, les responsables du Front Polisario restent ouverts à toutes les suggestions qui puissent faire avancer le processus d'autodétermination du peuple sahraoui. Mieux, dans le cadre des discussions de Manhasset, ils ont même accepté le principe de l'intégration au Maroc dans le cas de l'organisation de ce référendum, une éventualité extrêmement importante à relever dans le contexte politique international actuel. Car si les Sahraouis font montre, à ce niveau, de leur extrême maturité politique pour faire progresser les choses vers une solution rapide du conflit, il est tout à fait judicieux de relever qu'au Kosovo l'indépendance de ce territoire a été proclamée unilatéralement par les Kosovars. Une proclamation d'indépendance que Washington a reconnue comme étant légitime, ainsi que la France, alors que ce territoire englobe également des populations serbes. Beaucoup aimeraient voir ainsi les Etats-Unis et la France adopter la même attitude pour ouvrir la voie à des discussions globales pour la résolution du conflit maroco-sahraoui, sur la base d'un référendum d'autodétermination, une proposition de règlement plus que jamais d'actualité. Plus que les Kosovars, qu'ils soient serbes ou d'origine albanaise, les Sahraouis ne sont pas venus de nulle part, ils ont toujours peuplé cette région, et il est plus que nécessaire que ce conflit, qui risque de reprendre la voie des armes, puisse être, enfin, résolu pour ouvrir d'autres perspectives pour le peuple sahraoui, mais également pour le Maroc, qui gagnerait à abandonner ses visées expansionnistes au profit d'une politique régionale réaliste. Et mettre de côté toute velléité militaire qui nuirait à la paix et à la sécurité dans la région maghrébine.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Ecrit par : Ali Babes
Source : www.lequotidien-oran.com