
"Titi", le premier film du chanteur Khaled Barkat, fraîchement passé derrière la caméra, a été projeté en avant-première vendredi à la maison de la culture de Béjaïa, devant un public, visiblement partagé, entre l'émotion générée par l'approche dramatique et dramatisée de la trame et le traitement linéaire, voire simplifiée qui lui a été réservée.L'histoire raconte en effet la chronique d'un enfant de la rue, abordée dans sa dimension duale, intégrant à la fois la rupture familiale et l'exclusion sociale."Titi", tendre diminutif du prénom Tewfik, né avec une cuillère d'argent dans la bouche se retrouve embarqué dans une galère inouïe, au bout d'une malencontreuse, erreur de négligence de ses parents, partis faire leurs courses en le laissant seul dans la voiture.Presque bébé, il quitte le véhicule familial et va rejoindre un chiot, convoyé à l'arrière d'une camionnette, un geste qui va lui coûter des années d'épreuves et d'errance à lui, d'une part, et, d'autre part, à sa mère, déchirée, un voyage vers la folie et la mort, qu'elle n'évite qu'in-extremis, au demeurant, grâce a d'heureux concours.Prenante et poignante et relevée par une admirable prestation d'Adam Messili qui en assuré le rôle principal, l'histoire, pourtant, évite soigneusement de poser la problématique de l'exclusion, encore moins celle de la protection de l'enfance, se contentant juste de "narrer les péripéties et les conséquences de la rupture d'un enfant avec son milieu naturel", soulignera le réalisateur, qui a dû essuyer en réponse une flopée de critiques."Toutes les souffrances physiques et psychiques endurées ainsi que les éléments de son extrême précarité ont été passées sous silence", relèvera lors des débats un intervenant, déplorant "la simplification et la linéarité qui a caractérisé le filage de cette histoire". "C'est un miracle qu'il s'en soit sorti au bout du compte. Dans la réalité il n'aurait pas tenu la semaine", opinera-t-ilEn fait, le film met en avant deux intrigues. La première "polarisant" le parcours intime "difficile" de "Titi" et son complice, un autre enfant des rues, et la seconde celle de son "beau-père", obnubilé par l'argent et l'idée de rentrer en héritage, décuplant d'ardeur et de stratagèmes pour se débarrasser de son épouse avant que l'enfant ne réapparaisse. "Si bien que la seconde a pris le pas sur la première, atténuant toute la charge tragique et émotionnelle de celle-ci", notera un autre intervenant."Je n'ai jamais prétendu avoir produit un chef-d'oeuvre. J'ai écrit un scénario simple que j'ai essayé de réaliser du mieux que j'ai pu avec des moyens limités", a rétorqué M. Barkat, très fair-play, visiblement content de la réaction sans complaisance de son public, d'autant qu'a sa décharge, les conditions normales de projection n'étaient pas réunies, s'étant contenté d'une simple diffusion de vidéo sur écran blanc.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Algérie Presse Service
Source : www.aps.dz