Oran - Revue de Presse

Le poisson à toutes les sauces



Le poisson faitencore des siennes. Les prix annoncés à la criée ou affichés sur l'étalagedétournent les plus gourmets et les moins regardants parmi les friands depoisson et fruits de mer. Les explications de l'envolée des prix de ce produit,qui a tendance à disparaître des tables des Oranais, divergent. Une flambée deprix d'autant moins compréhensible que les chiffres communiqués par ladirection de la Pêche et de l'Aquaculture de la wilaya d'Oran font état d'une hausseimportante de la production locale cette année, y compris le poisson bleu, quireprésente 90% de la production. En effet, selon cette direction, la productionde la wilaya entre janvier et août derniers a atteint 9.500 tonnes, soit 5%plus que l'année précédente pour la même période. Cette «performance» s'esttraduite d'ailleurs par l'augmentation du volume exporté vers l'Espagne àpartir d'Oran, qui a atteint 981 tonnes durant la même période, dont 690 tonnesde crustacés, 254 tonnes de mollusques, 7 tonnes de poisson frais et 29 tonnesde poisson congelé. Un volume qui fait d'Oran la première wilaya exportatricede poisson. Or, paradoxalement, cette wilaya n'arrive pas à satisfaire sapropre demande, car un déficit sur le marché local est évident, même si ladirection de la Pêche tente d'atténuer ce manque en évoquant une mauvaisedistribution en l'absence d'un circuit de vente organisé.  Des pêcheurs rencontrés à la sortie du portde pêche, accusent les dernières dispositions réglementant l'activité d'être àl'origine d'une régression de la production. Surtout, ils déplorent lalimitation des quotas des prises et les difficultés d'accès à la pêche côtière,soulignant qu'ils ne possèdent pas les moyens pour la pêche en haute mer, ainsique les contrôles rigoureux auxquels ils sont soumis aussi bien sur quai qu'enmer. Les mandataires des halles centrales de la pêcherie, eux aussi, estimentque les mesures restrictives appliquées dernièrement par l'administration aumotif de la nécessité de régénération des ressources biologiques ont conduit àun recul net de la production et par ricochet une hausse des prix. Lesconsommateurs pour la plupart, déjà assommés par l'augmentation des produitsalimentaires de base et celui de la pomme de terre tout particulièrement, neveulent pas avaler les explications des professionnels de la pêche et sontpersuadés que ne ce sont que de faux arguments pour doper les prix du poissondurant Ramadhan.  Que ce soit à l'orée du port de pêche, oùquelques étals de poisson sont dressés, au marché de La Bastille, à M'dinaDjdida ou dans les poissonneries de la ville, le poisson, toutes espècesconfondues, s'est envolé. Ainsi, la sardine se vend à 140 DA le kilo, le rougetà 900 dinars le kilo, le merlan à 900 dinars, le «mister» à 600 dinars, la«petite» crevette à 1.400 dinars le kilo et la grosse, celle dite de premièrechoix, «la royale» - si tant est qu'elle en soit réellement - se vend à 2.400dinars et au-dessus. Le poisson bleu n'est pas en reste avec 140 dinars le kilopour la sardine, 120 dinars pour l'espèce dite populairement «Bouga» et entre120 et 140 dinars pour le «Khourir» et espèces assimilées. Néanmoins, danscertains marchés de quartiers populaires, à l'instar d'El-Hamri, le poisson estrevenu hier à de meilleurs sentiments, quelques heures avant El-Ftour,affichant des prix plus cléments et à la portée des consommateurs en général.  C'est ainsi que la sardine, de 2ème choix(c'est-à-dire de petite taille et mélangée avec un peu de «Khourir»), étaitcédée à 35 DA le kilo et l'espèce dite «Bouga» à 50 DA le kilo. S'agit-il d'uneréaction logique de la part des marchands à une baisse de la demande, voire unemévente carrément, en raison des prix très élevés ?
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)