Oran - Revue de Presse

Le poète Adonis et le cinéaste Youssef Chahine honorés à Beyrouth



Des décennies de créativité Le grand poète syro-libanais Adonis et le cinéaste égyptien Youssef Chahine ont reçu un doctorat honoris causa au cours d’une cérémonie organisée à l’Université américaine de Beyrouth. Le président de l’AUB, John Waterbury, a exprimé sa reconnaissance envers ces hommes qui ont produit, chacun dans son domaine, une œuvre profonde et de longue haleine, regrettant que Chahine ait dû annuler son voyage pour des raisons de santé. Après avoir invité l’assistance à observer une minute de silence à la mémoire de ceux « à qui on a volé la vie «, Waterbury a noté que « les décennies de créativité dont les personnalités à l’honneur ont fait preuve contrastent fortement avec la scène qui s’offre à nous aujourd’hui. Ils ont célébré la beauté, la construction des civilisations, la complexité et la subtilité de l’existence humaine. Et ce sont ces valeurs-là que l’université a choisies de mettre en valeur «, devait-il conclure. Le poète Adonis a exprimé sa gratitude et sa satisfaction en recevant son doctorat honoris causa, estimant que ce titre possède une double symbolique. « Il honore, d’une part, la poésie arabe et, d’autre part, il illustre parfaitement l’esprit d’ouverture culturelle dont l’AUB a toujours fait preuve, surtout à travers ces grands qui ont foulé son campus «. Et il a cité, entre autres : Thomson, Van Dyck, Boutros Boustani, Constantin Zreik, Ihsan Abbas, Khalil Hawi, Nicolas Ziadeh, Youssef el-Khal... Dans un enregistrement vidéo, ramené d’Égypte par Gaby Khoury, neveu du cinéaste, Youssef Chahine a indiqué qu’il était plongé dans la réalisation d’un film intitulé « Chaos «. « Regardez autour de vous et vous comprendrez pourquoi, a-t-il ironisé. Ce film sera peut-être interdit par la censure. Les autorités égyptiennes peuvent aussi me jeter en prison. Elles pourront vous incarcérer vous aussi, messieurs les Professeurs et Directeurs, et vous aussi, monsieur le Président. Car en m’honorant aujourd’hui, l’AUB devient complice de mon film «, indique, mi-figue, mi-raisin, Chahine. Et d’ajouter, un brin nostalgique, qu’à chaque fois qu’il se trouvait dans de mauvais draps en Égypte, c’est au Liban qu’il trouvait refuge. Il a conclu en espérant pouvoir revenir au pays du Cèdre et « y vivre en paix avec tous ces gens que j’aime tellement. Ils ont besoin de paix, et moi aussi.
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