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Le plus vieux projet d'Oran peine toujours à se concrétiser Mosquée Ben Badis



La réalisation de la grande mosquée Ben Badis, à Oran, tarde à se concrétiser.
Le souhait exprimé l'an dernier par le ministre des Affaires religieuses de voir ce futur «centre de rayonnement» abriter la cérémonie célébrant Youm El Ilm, le 16 avril dernier, en présence du président de la République est resté un v'u pieux. Il n'est même pas sûr que cela soit possible pour l'année prochaine, au train où vont les choses. «Les travaux ont repris, mais la cadence n'est pas comme nous l'aurions souhaité», estime M. Ghobrini de l'ONM, l'une des organisations de la société civile faisant partie de la commission de suivi du projet, au même titre que l'association éponyme créée au milieu des années 1980, spécialement pour tenter de mener à bout un projet initié déjà au tout début des années 1970.
«Fin juillet et début août 2007, face au retard accumulé depuis 1999, date de début des travaux, le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, en visite d'inspection à Oran, a tancé Abdallah Ghlamallah, ministre des Affaires religieuses, l'accusant publiquement d'avoir ''la tête dure'' devant les journalistes et les caméras de la télévision», se remémore-t-il pour signifier que le chef de l'Etat a ordonné de mettre à la disposition du projet tout le financement nécessaire. Notre interlocuteur, pour qui l'argent ne manque pas, met plutôt en avant le problème d'organisation et de gestion. «Qu'est-ce qui vous a retardé (wach aâtlek) ' Il faut puiser d'un programme spécial», avait lancé le président de la République à l'encontre de son ministre. En réalité, c'est l'association citée plus haut qui avait, juste auparavant, saisi la présidence de la République au sujet des lenteurs, indiquant par la même occasion que sur un budget initial d'un milliard de dinars, 60 millions de dinars étaient déjà consommés par le gros 'uvre d'un chantier dont le taux d'avancement n'était que de 55%. Dans un premier montage financier, l'Etat a débloqué 450 millions de dinars, la wilaya 250, la commune 18, alors que 150 millions de dinars viennent des dons de citoyens collectés lors d'une opération lancée par le ministère des Affaires religieuses à travers toutes les mosquées du pays. L'argent supplémentaire a finalement été débloqué et le budget, revu à plusieurs reprises, a été porté à 5,5milliards de dinars (soit 2 milliards de dinars de plus que l'estimation du coût de départ qui était de 3 milliards de dinars), mais sans que les délais soient respectés pour autant.
Travaux de confortement
La mosquée devait être livrée fin 2007, mais le chantier a été arrêté. Les travaux ne devaient reprendre que près de 4 années plus tard suite à la levée de toutes les contraintes, notamment techniques. Ces dernières avaient été exposées en janvier 2010 au ministre lors d'une réunion tenue à la wilaya et qui avait regroupé tous les intervenants du projet.
La carcasse de la mosquée qu'on voit encore aujourd'hui a été érigée en un temps record par la société chinoise qui a repris le projet confié initialement et depuis 1999 à l'entreprise Batior, mais qui n'a pas rempli ses obligations. Un premier arrêt du chantier a été ordonné pour non-conformité avec les nouvelles lois portant sur la construction promulguées notamment en 2003, suite au séisme de Boumerdès.
L'imposant édifice non encore achevé a nécessité des travaux de confortement qui ont dû être pris en charge ultérieurement. En mars 2011, le wali d'Oran a déclaré que toutes les contraintes ont été levées et que le projet peut désormais suivre son cours normal. Sur la même lancée, l'idée de faire appel à des compétences turques et libanaises pour réaliser les travaux d'art (décoration) a été lancée. Pourtant, pour ceux qui s'en souviennent, le chef de l'Etat a, auparavant, mis en avant la bonne qualité des décors effectués à Mostaganem et proposé même de faire appel à des artisans de Nedroma et de Ghardaïa pour la prise en charge de cet aspect. Depuis son lancement effectif, en fonction des orientations qu'on donnait à chaque étape, ce projet n'a pas cessé de susciter des commentaires sur internet. «Architecte japonais, réalisation chinoise, décoration française au départ puis libanaise et turque, c'est un projet onusien !», a-t-on ironisé. L'avenir réserve peut-être de nouvelles surprises.
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