«La marginalisation empêche toute progression de l’artiste»
En marge de l’exposition organisée à la Maison de la culture d’Oran Zeddour Brahim, la Voix de l’Oranie a rencontré l’artiste plasticien Amar Saraï Ahmed, qui a parlé avec beaucoup d’allégresse, de ses débuts dans la pratique de l’art et de ses travaux expressions diverses. Qu’il exprime en toiles de peinture, en gravures sur bois, l’artisanat et les reproductions de figurines de marbres mondialement connues.
- La voix de l’Oranie: Comment êtes-vous arrivé à la pratique de l’art?
- Amar Saraï Ahmed: C’est tout enfant que j’ai été passionné par le dessin. J’aimé dessiner sans retenue. Ensuite j’ai déployé cette occupation d’enfant pour la convertir en forme d’expression. Et bien sur, à force de pratique j’ai développé mes techniques et ma maîtrise pour en faire de l’art ma vocation.
- Avez-vous suivi un cycle de formation ou fréquenté une école d’apprentissage de l’art?
- Pas du tout. Je n’ai reçu aucune formation scolastique de l’art et je n’ai pas fréquenté d’école des Beaux-arts. Je suis un autodidacte au sens complet du terme. Mon art je l’ai appris tout seul... par passion.
- Quels sont les thèmes que vous abordez dans vos travaux? Que reproduisiez-vous dans vos toiles?
- Dans mes travaux, j’ai tendance à peindre les portrait, les paysages et les natures mortes. Je peint aussi des vues panoramiques de certaines régions de mon pays, les fêtes et les rencontres populaires avec les habits traditionnels et les coutumes.
- On remarque dans vos travaux que vous touchez à tout les styles. Vous faites de la peinture, de la sculpture de figures, de la gravures sur bois. Comment faites pour réaliser cette prouesse?
- Je considère que tout travail de représentation du beau est une forme de l’art. J’ai toujours été attiré par les choses simples que je rencontrait dans ma vie quotidienne. Ma première expérience a été la sculpture d’un petit bateau. Ma deuxième tentative a été la reproduction de la Tour Eiffel en bois aussi. C’était une expérience très réussie. Je suis ensuite passé à d’autres expériences comme la gravure sur bois, la conception de porte-clefs et la reproduction en miniature de bateaux de guerre. En plus de la manufacture artisanale d’ustensiles de cuisine traditionnels et la gravure sur le marbre.
- Quel est le grand artiste qui vous a influencé votre style...
- Je suis très sensible au style des artistes européens en général et en particulier par les artistes italiens comme Raphaël, Michel Ange et Rubens. C’est par rapport à la beauté de leurs travaux qui sont considérées comme les plus fabuleux tableaux réalisés par la main de l’homme.
- Vous avez-du certainement participé à des évènements artistiques pour exposer vos travaux... des expositions nationales? Internationales?
- A propos de ma participation, mes travaux ont été exposés en France, en Italie, au Maroc et en Syrie. Particulièrement mes réalisations d’objets traditionnels. Des objets réalisés en matériaux comme le sable, la céramique, le tissu et le bois...
- Vous êtes sorti à Oran pour exposer vos œuvres et travailler à ciel ouvert devant le public. Parlez nous un peu de cette expérience...
-Ma sortie devant le public pour exposer et travailler à ciel ouvert c’est faite par conviction personnelle. J’aime le contact humain. Je crois que l’artiste qui ne sort devant le public ne pas faire de l’art. Nous avons de grands exemples dans l’histoire des maîtres de l’art. Ces monuments de l’art ont souvent transformé les places et jardins publics en chantier pour exprimer leur sensibilités. En ce qui me concerne j’ai pratiqué l’art à ciel ouvert durant deux ans.
- Avez-vous eu des difficultés en qualité d’artiste plasticien pour vous exprimer?
- Evidemment comme tout artiste débutant j’ai subit de grosses difficulté pour m’exprimer. Et la plus importante des difficulté a été l’impossibilité d’un lieu qui me serve d’atelier. Ou un petit espace pour pratiquer. Toutes les portes étaient fermées face à moi. Pourtant je me suis adressé à plusieurs responsables d’institutions et d’associations ici à Oran. Sans écho. Mais c’est grâce à la présidente de l’association «Amouadj», résidente à Mers El Kébir, qui s’est intéressé à mes travaux et qui m’a permis de travailler et d’exposer ici à la Maison de la culture. J ‘espère avoir un jour mon atelier. Pour éviter la marginalisation. Parce que la marginalisation empêche toute progression de l’artiste.
Entretien réalisé par N.Boukahlat et M. Naïsou
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com