Une longue et fabuleuse histoire
7e partie
Les pèlerins de l’Oranie en 1931
Des quatre régions administratives de l’Algérie (Algérois, Constantinois, Oranie et territoires du Sud), c’est l’Oranie qui a le plus fort contingent de pèlerins en cette année 1933, soit 194 pèlerins. Toutefois, ce nombre est à son tour très inégalement repartie entre les différentes régions de l’Oranie; le plus grand nombre venant de Mostaganem (76 pèlerins). C’est d’ailleurs le plus fort contingent de toutes les villes d’Algérie. Mascara, qui compte 54 pèlerins, occupe la deuxième place de l’Oranie. La troisième ville dans ce classement des régions de l’Oranie revint à Oran (37 pèlerins), suivie de Tlemcen avec 26 pèlerins et enfin de Sidi Bel-Abbès avec le dérisoire chiffre d’un pèlerin!
L’administrateur auteur du rapport note: «(Les pèlerins de l’Oranie font montre d’une) atmosphère de ferveur religieuse que je n’ai pas retrouvé dans les autres ports d’escale. (…) Des barques remplies de khouans qui chantaient, étendards déployés escortaient le ‘Phrygie’ qui franchissait la passe à 10 heure.»
Le hadj, une occasion pour s’exiler
Il arriva souvent que des Algériens profitèrent de l’occasion du pèlerinage pour s’établir dans les Lieux Saints. Plus d’une fois, un pèlerin est porté absent par l’administrateur chargé d’encadrer le pèlerinage. Plutôt que de retourner dans leur pays occupé, des Algériens après le pèlerinage, s’installèrent en Syrie –là où avait choisi de se retirer l’Emir Abdelkader– ou, au plus tard, au dernier arrêt maritime avant Alger, en Tunisie. Ils ne suivaient là que d’entières tribus ou des familles surtout de la région de Tlemcen, qui avaient préféré quitter leur pays que de subir l’occupation française. Certains se rendent à la Mecque pour s’y établir définitivement. Lalla Khaddouja, parente du marabout de Kenadza, après une période de veuvage, épouse un de ses cousins en lui faisant promettre de l’emmener à la Mecque. Rendue dans la ville sainte, Lalla Khaddouja n’en reviendra jamais, réalisant ainsi un vœu secret, pense-t-on dans son entourage.
A suivre…
Hani Abdelkader
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com