Oran

le pain, une bombe à retardement ' à l'origine de plusieurs révoltes et révolutions



Lorsque le ministre de l'agriculture et du développement rural a estimé en décembre dernier la consommation moyenne en pain à 700 grammes/habitant/jour, (soit près de 3 baguettes), le gouvernement se rend compte du caractère sensible de la subvention dont bénéficie ce principal produit de large consommation en Algérie.
Ces dernières années, le pain et les subventions qui lui sont liées ont toujours été au centre des révoltes qui ont secoué plusieurs pays d'Afrique du nord. Les experts et les économistes qui se sont penchés sur cette problématique recommandent, à l'unanimité, la nécessité de revoir la politique de sécurité alimentaire et de subvention des produits de large consommation.
A ce propos, le professeur marocain, Najib Akesbi, de l'institut Hassan II de Rabat, souligne : «Tout le monde s'accorde aujourd'hui pour reconnaître que le système des subventions des produits alimentaires de base a généralement été détourné de ses objectifs initiaux, bénéficiant moins à ceux qui en ont vraiment besoin qu'à ceux qui peuvent s'en passer, les responsables ont manifestement encore du mal à lui opposer une alternative plus efficace et plus équitable.»
Cependant, en 2012, explorant les origines de la crise qui a pris de l'ampleur et débouché sur des révoltes successives dans les pays d'Afrique du Nord et du moyen-Orient, l'Institut français des relations internationales et stratégiques (IRIS), rappelle et met en garde : «A travers les subventions, c'est la paix sociale que les Etats arabes achètent. Ces mesures n'ont cependant pas permis d'éviter des troubles liés au prix du pain qui ont émaillé l'histoire contemporaine de plusieurs pays. Ce fut le cas en 1977 en Egypte, en 1981 au Maroc, en 1984 en Tunisie ou encore en 1996 en Jordanie. Des rébellions liées à la vie chère ont aussi éclaté lors de la crise alimentaire mondiale de 2008.»
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