Oran

Le pain du...riche



Le pain du...riche
Ceux qui ont compris expliqueront aux autres. Voilà maintenant plusieurs mois que les boulangers revendiquent, à tort ou à raison, une augmentation du prix du pain, pour cause de coût de production ayant trop rogné leur marge bénéficiaire. Si la demande est plus insistante ces derniers mois, il faut dire, quand même, que les doléances des boulangers pour défendre leur' gagne-pain ont commencé à être posées il y a bien longtemps. Bon, ça ne remonte pas à l'année de l'éléphant, mais aux années de la sauterelle, si. Pour autant qu'il me souvienne, en notre qualité de mangeurs de pain invétérés, les boulangers se sont toujours estimés lésés par les pouvoirs publics.
L'actuel ministre du Commerce, dont la présence à ce poste commence sérieusement à dater, puisque cela fait plus d'un lustre qu'il est confronté au même problème, donne l'impression d'être quelqu'un qui ne veut pas se faire rouler dans la'farine, fût-elle celle des meilleurs experts en boulangerie. Bien entendu, le consommateur, lui, n'a pas le choix. Pourvu qu'il ait le pain, il est prêt à se faire rouler et enrouler dans n'importe quelle poussière qui présenterait quelque ressemblance avec «la blanche» de blé dur.
Allez chiche, combien de consommateurs peuvent se targuer de connaître le prix réel de la baguette de pain, celui fixé par la réglementation ' Comme quoi ce n'est pas que quand (sic) on a beaucoup d'argent qu'on s'exonère de la corvée de compter ses sous. Beaucoup d'eau dans la pâte, utilisation de sel sans iode, recours abusif aux «améliorants» pour donner un aspect présentable à la baguette'les faux maîtres des fournils ont plus d'un tour dans leur sac de'farine'subventionnée. Alors, qui osera croire que notre bon peuple de mangeur de pain serait à quelques centimes près pour acheter ce qui fait l'essentiel de sa pitance quotidienne '
D'ailleurs, il est difficile, par les temps qui courent, d'être près de ses sous. Et encore plus de les compter, vu que les pièces de centimes ont définitivement disparu de la circulation monétaire. Pourtant, ce sont les pièces les plus lourdes et les billets qui servent le plus de vecteur à l'inflation. Pour cette raison, l'Union européenne tient toujours à ses petites pièces d'un centime fabriquées à un prix 20% plus cher que leur valeur d'échange. Et puis cette raréfaction - pour ne pas dire liquidation physique- de nos petites pièces sert au moins à nous indiquer que l'inflation a encore beaucoup de beaux jours devant elle. Et nous apprend aussi à ne pas nous méprendre sur le prix du pain. Un prix que les autorités s'ingénient à noyer dans d'incroyables considérations où se mêlent les subventions étatiques, la pâtisserie, les producteurs de «gazouze»'Avec toutefois une absence notable et irresponsable de tout souci pour la santé des mangeurs de pain. En d'autres termes, de la santé de tous les Algériens, riches ou pauvres, qui communient - communiaient- parfois dans le plaisir d'une bonne baguette croustillante.
Ce problème des prix à la consommation ne se pose pas que pour le pain. Il est à craindre que le Conseil national de la concurrence n'y pourra rien, des monopoles tacites se sont constitués autour de nombre de produits alimentaires importés ou produits localement. Pourquoi ces produits sont-ils vendus plus cher qu'en Europe, alors que souvent leur qualité les classerait plutôt dans la catégorie
«3e choix» ' Buvez un café au comptoir et soyez attentif au goût. Remontez la chaîne et les méandres et vous aurez une idée des pratiques mafieuses contres lesquelles les pouvoirs publics ne font même pas semblant de lutter.
A. S.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)