Photo : S. Zoheir
De notre correspondant à Oran
Samir Ould Ali
Quelle que soit l'adhésion populaire aux mouvements de grève régulièrement initiés par différentes catégorie de travailleurs, il en est qui suscitent l'agacement d'une partie des citoyens. Les débrayages des personnels de la santé font partie de ceux-là et il n'est pas rare de voir des malades éconduits s'emporter contre ces protestataires qui, disent-ils, mettent leur santé en péril et ce gouvernement qui n'arrive pas à trouver définitivement un terrain d'entente. Cela s'est encore vu la semaine dernière, lors des trois jours de grève initiés par les praticiens spécialistes de la santé publique (SNPSSP) bien que ceux-ci aient pris soin de se conformer à la loi et de garantir le service minimum, soit les soins d'urgence et la prise en charge des patients hospitalisés. Des malades, dont certains munis de rendez-vous, venus pour une consultation ou un contrôle ont moyennement apprécié d'être priés de revenir après la grève : «Il faut que les différentes parties parviennent à un accord, cela ne peut pas durer !!» estime l'un d'eux en soulignant que le secteur de la Santé est aujourd'hui miné de tous les côtés : «Conditions d'hygiène déplorables, ruptures de médicaments, manque de moyens et plein d'autres aberrations qui poussent les malades à se rendre dans un secteur privé extrêmement onéreux.»On s'en souvient, l'année passée, les médecins résidents étaient parvenus à paralyser une grande partie des établissements hospitaliers pendant quelques mois pour protester contre «le jeu malsain» du ministère de la Santé et ses atermoiements à donner une suite favorable à leurs revendications: «Nous militons pour de meilleures conditions de travail pour que nous puissions prodiguer les meilleurs soins aux malades. Et les citoyens comprennent cela», assurent les grévistes des différents débrayages enregistrés ces dernières années. Et de fait, tout le monde est conscient de la justesse de ces combats, y compris ceux qui, dans un premier temps, s'emportent (comment leur en vouloir ') contre ces «médecins qui n'arrêtent pas leurs grèves sans se soucier du sort des malades» avant de reconnaître, finalement, la «légitimité des revendications» sans la satisfaction desquelles le secteur de la Santé continuerait de végéter et les compétences de partir vers d'autres cieux plus cléments. A voir l'évolution de la situation du secteur de la Santé en Algérie, il n'est pas étonnant que les personnels médicaux et paramédicaux se manifestent par des grèves soutenues et déterminées. En revanche, il est surprenant que malgré la paralysie des services qui s'ensuit et les désagréments qui en résultent sur les malades, les canaux de la communication et des négociations avec la tutelle restent longtemps obstrués. Et cette fois encore, à cause de l'absence d'une véritable communication, les praticiens spécialistes de la Santé publique s'apprêtent à entrer en grève ouverte. Et même s'ils maintiennent toujours le service minimum, cela risque de ne pas faire plaisir aux malades.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S O A
Source : www.latribune-online.com