
Dans un contexte économique mondial difficile, comment se présentent les perspectives économiques en 2017 pour l'Algérie 'Les réponses seront différentes selon que l'on considère le court terme, le moyen terme ou le long terme, ou que l'on distingue le conjoncturel ou le structurel, ou que l'on tienne compte ou non des risques et incertitudes des environnements géoéconomique, géopolitique, géostratégique.La question appelle deux réponses complémentaires, l'une sur le contexte économique mondial, et l'autre sur les perspectives économiques à court terme pour l'Algérie, c'est-à-dire en 2017.Avant de répondre aux questions qui énoncent le contexte économique mondial difficile, il importe d'abord de balayer devant sa porte. Le contexte économique mondial est certes difficile, mais le contexte algérien économique, et peut-être politique, est plus que difficile, inextricable et peut-être sans solution. Le problème économique algérien n'est pas seulement grave, il est ultra gravissime.Parlons d'abord de l'économie mondiale. Après avoir été portée par les pays émergents, dont la Chine, durant la décennie 2000-2010, l'économie mondiale est rentrée dans un cycle de stagnation depuis 2010, suite à la crise financière de 2008-2009. Les pays tels l'Algérie qui n'ont pas su tirer profit de la mondialisation, voire même qui ont laissé toutes leurs plumes dans cette globalisation, se retrouvent totalement démunis dans ce nouveau cycle marqué par le repli sur soi des nations et l'avènement de l'égoïsme naturel des nations. De 2000 à 2010, le commerce mondial des marchandises est passé de 6000 milliards de dollars à 18 000 milliards de dollars, soit le triple. Durant cette période où il y a eu un fort développement des Investissements directs étrangers (IDE) dans le monde, l'Algérie a fermé son territoire aux grandes entreprises mondiales qui pouvaient apporter la technologie, le financement et le marché, et a réservé son territoire à des pseudo entreprises arabes du Moyen-Orient (Orascom et Assec dans le ciment, Orascom et Oman dans les engrais, Orascom dans les télécommunications, etc.). Pour 2017, 2018 et 2019, les perspectives économiques de l'Algérie sont mauvaises et sources de tensions sociales très critiques. La principale cause, outre l'Etat rentier, dont la Constitution se résumerait à «No tax no vote», réside dans ce que les 15 dernières années n'ont pas été mises à profit pour développer une économie et une industrie compétitives. La planification économique algérienne a été inefficace dans les faits et n'a pas su mettre en ?uvre des stratégies élaborées.A terme, si aucune rupture ou changement n'intervenait, les perspectives algériennes seraient marquées par les événements suivants : après l'extinction du Fonds de régulation des recettes (FRR) intervenant en 2016, l'extinction des réserves de change en 2019, la fin des exportations pétrolières avant 2023, la fin de la production pétrolière avant 2030-2035, nonobstant des exportations gazières qui rapportent peu de devises.L'année 2016 se termine sur une reprise des cours du pétrole ; à quoi devrait-on s'attendre en 2017' Pour 2017, le monde pétrolier entrera dans un nouveau cycle marqué par la fin du monopole caractérisé par le cartel OPEP, une transition vers un simili duopole OPEP-USA (pétrole de schiste américain), puis élargi (Chine, Argentine, Libye, etc.). Durant la prochaine décennie, les échanges pétroliers seront marqués par l'économie de marché dont les tendances seront : 60 dollars par baril à court terme, 70 à 80 dollars à moyen terme en relation avec les coûts marginaux, puis à long terme l'avènement de mix énergétiques (substitution pétrole-gaz naturel puis véhicules électriques, électricité solaire, etc.) qui stabiliseront les prix du pétrole au niveau des coûts marginaux.L'Algérie, tout comme les autres Etats rentiers du monde arabe, devra encore faire face à ses déséquilibres budgétaires et de la balance des comptes courants. Cependant, 2017 marquera pour la 1re fois l'entrée de l'Algérie dans des zones de fortes turbulences sociales dont il est difficile d'imaginer les conséquences.Tout comme pour les autres Etats rentiers wahhabites arabes, le problème de l'Algérie n'est pas le prix du pétrole, mais sa structure d'Etat rentier et, in fine, les insolubles problèmes du déséquilibre budgétaire de la balance commerciale, l'absence d'investissement productif, l'absence de création d'emplois productifs nouveaux, c'est-à-dire l'absence totale de gouvernance d'une nation moderne.Les deux prochaines années mettront à nu un système de gouvernance qui rappelle un Titanic sans pilote, c'est-à-dire pire que le Titanic qui avait sombré. Quel serait l'impact des mesures fiscales arrêtées dans la loi de finances 2017 ' Les mesures fiscales arrêtées dans la loi de finances 2017 auront des effets économiques très faibles, mais des effets sociaux critiques. Les différentes Lois de finances ont été mal conçues car elles s'attaquaient aux effets et non aux causes du problème. Il est connu que le véritable problème économique algérien se situe à la source, dans le déséquilibre entre une production pétrolière déclinante et une consommation pétrolière domestique croissant de façon exponentielle. Il semble que le gouvernement algérien, aveuglé par les prix du pétrole de 2008 (150 dollars le baril), ait oublié de s'attaquer aux causes du problème, à savoir la consommation domestique de produits pétroliers qu'il fallait maîtriser (par la communication, l'équité et l'assistance aux plus démunis, la baisse drastique des subventions, le passage au gaz naturel comprimé GNC ou GNV compétitif et de faible coût, etc.). La situation de crise, pour laquelle aucune solution n'existera à la fin de 2017, aurait pu être gérée depuis 2010, voire 2012, pour conduire à un développement socioéconomique harmonieux certain. Assistera-t-on à la confirmation du nouveau modèle de croissance économique ' Le soi-disant nouveau modèle de croissance économique est un leurre car développé dans les laboratoires ignorant des réalités algériennes et s'attaquant aux effets et non aux causes des problèmes. A titre d'exemple, l'une des principales solutions recommandées par ces enseignants sans expérience économique, entrepreneuriale ou industrielle consiste à suggérer l'endettement à partir d'investissements non rentables, ce qui est une aberration dans un pays qui risque de se retrouver dans deux années avec des réserves de change équivalentes à quelques mois d'importations.L'avenir de notre pays et nation est terriblement sombre, comme dans un tunnel sans fin, mais il y a des fenêtres. L'Algérie est comme en novembre 1954. La situation était plus que grave. Mais rien n'est impossible pour nos jeunes. Tout comme rien n'était impossible pour nos chouhada et moudjahidine à la veille de Novembre 1954.Cependant, en ce début d'année 2017, et en guise de v?ux, nous pouvons assurer nos frères et s?urs algériens que l'Algérie dispose de ressources inestimables, à reconnaître et à développer, qui feront de l'Algérie un des plus grands pays émergents du monde à l'horizon 2025. Ce n'est pas seulement un v?u en ce début d'année 2017. Les chouhada en avaient ainsi décidé. L'Algérie, la nation Algérie, hors «chkara» et «hogra», sera l'un des 6 ou 7 pays émergents à l'horizon 2025.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Samira Imadalou
Source : www.elwatan.com