Oran - Revue de Presse

Le Nigéria doit revoir sa copie, le Cameroun hors course



T out comme le choc Algérie-Côte d'Ivoire, le match Egypte-Cameroun avait l'apparence d'une finale avant la lettre entre deux grandes équipes au riche palmarès, qui se sont souvent affrontées. Assez malheureux ces dernières années face à leurs rivaux du bord du Nil, les Camerounais, par la voix de leur capitaine Eto'o, parlaient de revanche. Hélas pour eux, ce projet de revanche est remis à une date ultérieure, puisqu'ils ont été écartés par un adversaire hyper réaliste.

 En effet, bien que dominés dans la possession du ballon, les Lions ont laissé le ticket de la qualification aux Pharaons. Comment disséquer la rencontre entre ces deux favoris de cette édition ? On commencera par mettre en exergue le grand nombre de corners en faveur des Camerounais, 20 au total. C'est très rare pour ne pas attirer l'attention. Certes, ces coups de pied de coin signifient, pour le moins, que les hommes de Paul Le Guen ont été souvent présents dans la zone de défense rivale, qui a dû parer au plus pressé pour protéger ses bois. Mais ils prouvent également la maladresse et le manque d'efficacité des attaquants, où Eto'o, blessé il est vrai, a évolué plus en meneur de jeu, alors que sa réputation a été bâtie sur ses dons de finisseur.

 Dans la seule première demi-heure, les Camerounais avaient obtenu 9 corners pour aucun du côté égyptien. Leur domination dans la possession du ballon était également irréfutable (61%) mais, comme à leur habitude, les hommes de Shehata ont gardé leur sang-froid, restant bien en place et ne s'aventurant qu'avec parcimonie, comme l'atteste d'ailleurs le premier hors-jeu en leur faveur, à la 22e minute. Seul Zidan restait en pointe. Le 7e coup de pied de coin, botté par Emana, sera dévié de la tête par le capitaine Ahmed Hassan, qui aurait aimé fêter d'une autre façon sa 170e sélection. Mais il se réhabilitera par son but égalisateur, sur lequel le gardien Kameni n'est pas exempt de reproches.

 Après une meilleure entame à la reprise où ils ont fait jeu égal, les Egyptiens, de nouveau, ont été dominés par des Camerounais, certes volontaires mais peu clairvoyants dans les mouvements offensifs. On en arrive à se demander si cette domination n'était pas sciemment voulue et acceptée par le rusé Shehata, lequel, la veille du match, n'a rien laissé filtrer sur sa stratégie. De fait, la presse égyptienne, très prolixe comme chacun sait, en a déduit qu'il préparait une surprise aux Camerounais. En outre, on peut considérer que la «fausse piste» du jour a été fournie par l'attaquant Zidan qui a dit textuellement : «Pour sortir victorieux de ce choc, on doit imposer notre jeu aux Camerounais». C'est exactement l'inverse qui s'est produit, et on doit avouer que c'est de bonne guerre. Finalement, le réalisme égyptien s'est avéré payant dans les prolongations face à des Camerounais sans doute épuisés par leurs vains efforts.

 Et pourtant, c'est grâce à deux buts «gags» que les Pharaons se sont imposés. Le premier, sur une rétro passe trop molle du vétéran Njitap, qui a été exploitée à bon escient par Guedo. Quant au second but, il n'a existé que dans l'esprit de l'arbitre sud-africain Damon et de son assistant rwandais. En effet, après avoir percuté sur la transversale, le ballon a rebondi au sol, à l'intérieur du terrain, juste avant la ligne blanche des bois. Or, la loi X (but marqué) est formelle : un but ne sera valable que si le ballon aura entièrement dépassé la ligne de but au sol ou dans l'air. Comme ce n'est nullement le cas, on est en droit de s'interroger s'il n'y a pas urgence pour ces deux arbitres d'aller se faire examiner par un ophtalmologue. On comprend donc fort bien la déception des Camerounais à propos de cet «arbitrage maison lorsqu'on sait que la CAF (et ses commissions), siège au Caire depuis 1957 !

 Pour notre part, ce qui nous irrite au plus haut point, c'est l'ignorance des lois du jeu, où la mauvaise foi de certains envoyés spéciaux d'agences de presse se traduit par des articles tendancieux inadmissibles à ce niveau.

 Comparé au choc Egypte-Cameroun, le match Nigéria-Zambie fut d'une indigence manifeste, et ce dans tous les domaines. Il y a eu beaucoup d'énergie dépensée sur le terrain, mais le spectacle aura été absent. La décision ne pouvait se faire qu'aux tirs au but, où les Nigérians ont eu plus de réussite. A présent, il n'y a aucun doute : les Aigles Verts sont rentrés dans les rangs.


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