Résumé de la 4e partie n Le médecin légiste conclut à une mort naturelle ' imputable à la peur ' de Michèle Chausson...
Il y a là tout le cortège des accusations sans preuve, des dénonciations malveillantes ; comme toujours en pareil cas, les corbeaux s'en donnent à c'ur joie.
Dans la ville, d'ailleurs, les bruits les plus divers et les plus contradictoires circulent. Tantôt on accuse «un individu de type nord-africain», tantôt, au contraire, on met en cause «un notable très en vue» en ajoutant, avec un air important et une mine pleine de sous-entendus : «Vous voyez de qui je veux parler...»
Pourtant, la vérité est toute proche et elle va se manifester d'elle-même. Le coupable va de lui-même passer aux aveux, se débarrasser de son secret trop lourd à porter. Et la vérité est encore plus inimaginable que le mystère lui-même...
Il faut préciser que ce qui va suivre a été couvert par le secret très rigoureux qui s'applique lorsqu'il s'agit de mineurs. Mais, d'après les déclarations à la presse du commissaire Bertier lui-même, et plus tard du juge pour enfants, on peut reconstituer l'incroyable entretien qui a eu lieu le 1er mai 1964, dans les bureaux de la police d'une ville de province.
Le commissaire Bertier, qui a décidé de reprendre à zéro son enquête, interroge pour la seconde fois la meilleure amie de Michèle Chausson, sa camarade de classe, celle qui partage le même banc au lycée. Nous l'appellerons Jocelyne, bien que ce ne soit pas son prénom.
Le commissaire sait déjà pas mal de choses sur Jocelyne : elle est bonne élève, très sérieuse, un peu trop pour son âge peut-être, mais elle ne manque ni de sensibilité ni d'imagination. Elle lui a avoué, la première fois, qu'elles avaient écrit ensemble, Michèle et elle, un roman policier. Le commissaire a voulu connaître l'intrigue : c'était une histoire à la fois romanesque et naïve, comme peuvent en écrire deux jeunes filles dont la vie manque trop d'imprévu.
Mais quand il la retrouve dans son bureau, le commissaire Bertier a l'impression que quelque chose a changé chez Jocelyne. Il essaie de la mettre à l'aise.
' Alors mon petit, il y a quelque chose qui ne va pas ' Si vous avez une idée, des soupçons, il ne faut pas hésiter à me le dire.
' La jeune fille le regarde, baisse les yeux, le regarde de nouveau et dit dans un souffle :
' C'est moi...
Le commissaire Bertier reste un long moment sans parler. Il considère cette adolescente de seize ans, cette jeune fille sage. Elle le fixe avec des yeux implorants. Le commissaire sent qu'il doit l'aider, il s'exprime d'une voix très douce.
' Il faut tout me dire, mon petit.
Alors Jocelyne parle...
' Michèle est morte sous mes yeux. Je suis arrivée juste après elle au conservatoire. Je l'ai rejointe près de l'escalier. Au cours d'anglais l'après-midi, elle ne s'était pas placée à côté de moi comme d'habitude. Elle s'était mise au fond de la classe avec une autre fille qui lui racontait des histoires.
J'étais furieuse. Je lui ai dit qu'elle ne serait plus jamais mon amie, je lui ai dit des choses très dures.
A suivre
Pierre Bellemare
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Info Soir
Source : www.infosoir.com