Le mouvement populaire boucle aujourd'hui son dixième mois. Il vient de traverser une nouvelle épreuve : malgré le maintien de l'agenda du pouvoir, la mobilisation citoyenne réclamant le départ du système politique resteintacte. Le duel qui oppose le peuple au régime se poursuit.
Au 44e vendredi de manifestations populaires, avant-hier, des dizaines de milliers d'Algériens sont une nouvelle fois sortis dans les rues. Si les circonstances ont bien changé avec l'arrivée, au sommet de l'Etat, d'un nouveau représentant du pouvoir, en la personne d'Abdelmadjid Tebboune, les revendications restent les mêmes : le changement du système politique demeure le premier v?u des Algériens et l'édification d'un Etat civil en est le deuxième. Il en a été ainsi depuis le début du mouvement populaire. Ni les grandes chaleurs de l'été, ni les contraintes du mois de Ramadhan, ni encore moins la répression qui a touché toutes les couches du mouvement populaire n'ont fait fléchir cette mobilisation qui a dû garder et son cap et son caractère pacifique.
Alors que les partisans du pouvoir et leurs relais médiatiques ont misé sur la démobilisation populaire, les Algériens ont répondu par la seule preuve qu'ils savent donner depuis maintenant 10 mois. Des milliers d'Algériens ont manifesté dans quasiment toutes les wilayas du pays. Malgré les tentatives de divisions orchestrées par le pouvoir à travers, notamment la stigmatisation de la Kabylie et la fermeture des accès menant aux grandes villes, particulièrement Alger et Oran, les manifestants ont été au rendez-vous.
Au lieu de dissuader les Algériens d'aller manifester, la répression enregistrée, notamment à Oran la semaine dernière, a produit l'effet inverse : la capitale de l'Ouest a connu une des mobilisations les plus importantes depuis le mois de février dernier. En signe de solidarité, des citoyens sont venus de plusieurs régions du pays pour battre la pavé à Oran. Les habitants de la ville, reconnaissants, ont offert des repas et des boissons à ceux qui sont venus d'autres régions du pays.
L'unité nationale a trouvé tout sens à cette occasion. Outre les slogans traditionnels liés au changement radical du système, les manifestants continuent de réclamer "l'édification d'un Etat civil". Les liens avec l'Histoire glorieuse de la guerre de Libération nationale ont servi de matrice à une jeunesse qui refuse visiblement de voir la victoire lui échapper. Preuve en est que malgré la désignation d'un nouveau chef de l'Etat, le cap de la mobilisation est maintenu. Plus que cela, l'appel au dialogue lancé par Abdelmadjid Tebboune est rejeté unanimement par les manifestants.
Un avertissement est donc lancé à ceux qui seraient tentés de parler au nom du hirak. Des appels sont déjà lancés pour de nouvelles manifestations pour les prochaines semaines. Celle qui aura lieu vendredi prochain aura une grande portée symbolique. Elle coïncidera avec le 62e anniversaire de l'assassinat d'Abane Ramdane, le promoteur de la "primauté du politique sur le militaire". Le sujet est toujours d'actualité.
Ali Boukhlef
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ali BOUKHLEF
Source : www.liberte-algerie.com