L'accompagnement des pouvoirs publics n'est pas toujours à la hauteur, quand il n'est pas tout à fait absentLe succès qu'ont connu certaines initiatives mérite d'entre encouragé et mis en valeur.
Aussi étrange que cela puisse paraître, le mouvement associatif activant dans le domaine de la protection et de la préservation de l'environnement est dynamique en Algérie. Les initiatives prises par ce dernier ne cessent de faire parler d'elles. En plus de leur succès, l'initiative du village le plus propre en Kabylie, celle des éboueurs de la mer dans les villes côtières et celle du nettoyage des quartiers et des forêts dans d'autres wilayas sont un modèle en la matière. Elles n'ont absolument rien à envier à celles qui s'effectuent ailleurs dans les pays dits développées. Cependant, force est de reconnaître que ces associations rament souvent seules. L'accompagnement des pouvoirs publics n'est pas toujours à la hauteur, quand il n'est pas tout à fait absent. En effet, combien de fois a-t-on vu des associations comptant sur leurs propres moyens pour acheter des sacs à ordures, combien de fois a-t-on vu des associations organiser des quêtes pour louer des moyens de transport afin de se déplacer aux forêts et sur les plages, objet de nettoyage' Dieu seul le sait. Il est vrai que la question de la préservation de l'environnement est l'affaire de tous, disent certains, mais la mobilisation des moyens doit être d'abord la mission des autorités locales. Ce sont ces dernières qui disposent de moyens financiers et d'outillages. Et même quand elles n'en disposent pas, combien va coûter l'achat des sacs, de l'outillage, de la nourriture pour les membres de ces associations, au budget d'une commune ou d'une wilaya' Des miettes. Le mouvement associatif s'est épanoui sous d'autres cieux grâce notamment à la disponibilité des autorités locales et au soutien de ces dernières. N'a-t-on pas vu les caméras de télévision des grandes chaînes publiques diffuser en direct des campagnes de nettoyage' N'a-t-on pas vu des policiers et des éléments de la Protection civile de beaucoup de pays miser sur la sécurité de ces membres et mettre la main à la pâte' «Tout cela est le minimum qui peut être offert à des personnes laissant leurs tâches, leurs études pour certains et venir oeuvrer pour l'intérêt public et la préservation de la nature», soulignent les responsables et les élus dans ces pays. L'accompagnement des associations et des collectifs oeuvrant à la préservation de l'environnement, doit être double en Algérie. L'Etat ne dispose pas d'une politique de préservation de l'environnement et ne consacre pas un budget spécial pour cela. L'Algérie a certes créé un département ministériel, le ministère de l'Environnement et des Energies, renouvelable en l'occurrence, mais force est de constater que ce ministère danse sur un seul pied. Il ne dispose pas d'un budget. La ministre de tutelle, Fatma Zohra Zérouati l'a fait savoir à maintes reprises. La mission première de ce ministère est transversale, c'est-à-dire la coordination entre les secteurs. C'est important, mais ce n'est pas assez. La préservation des parcs nationaux nécessite de l'argent et des moyens d'intervention. Le nettoyage du littoral aussi. Par ailleurs, il y a lieu de relever que la société n'est pas tout à fait sensibilisée sur la préservation de l'environnement en Algérie. Il ne s'agit pas là uniquement de jet d'ordures et de la négligence de l'environnement immédiat, mais également de la démobilisation à l'endroit des initiatives prises par le mouvement associatif. En effet, plusieurs membres d'associations tiennent à dénoncer la passivité des habitants des cités pour qu'ils nettoient et celle des riverains des plages et des forêts. L'on souligne que certains habitants s'opposent même à l'idée des campagnes de nettoyage devant chez eux. D'autres refusent d'y apporter le moindre soutien. Ce n'est pas forcément, souligne-t-on, en raison de l'ignorance, mais surtout en l'absence de culture. Les médias ne jouent pas leur rôle comme il se doit sur ce chapitre. Les émissions traitant de ces initiatives et de la culture de bénévolat se font rares. La balle est ainsi dans le camp de ces derniers.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Madjid
Source : www.lexpressiondz.com