Oran - Revue de Presse

Le meurtrier condamné à 20 ans de prison: Le crime de Cavaignac à la barre



Le crime de Cavaignac dont a été victime un père de famille, en août 2008, était hier à la barre. Quinze mois, donc, après ce drame, les deux familles «protagonistes», voisins du même immeuble, devaient se confronter, devant la justice cette fois-ci.

 Il s'agit, somme toute, d'une chamaille entre ménages qui a tourné au drame. Bilan : un père de famille tué, sa femme grièvement touchée au niveau du ventre et désormais avec une infirmité permanente, et un de leurs fils blessé. Les deux parties adverses de l'affaire ne sont en fait que deux familles qui habitaient le même vieil immeuble de la rue Cavaignac, au centre-ville d'Oran. Au coeur du conflit, qui prit l'allure d'une véritable «guerre» entre les deux colocataires, la famille (la victime dans cette affaire) qui venait d'emménager dans cet immeuble en élisant domicile au niveau d'une loge sise sur la terrasse. Considérant cela comme un acte de squattage d'un espace commun de l'immeuble, la deuxième famille (la partie accusée) aura tout fait pour déloger les «indus occupants», à ses yeux, allant jusqu'à s'ériger en syndic de l'immeuble pour tenter une action en justice pour occupation illicite contre la famille adverse. En vain ! La justice a débouté le plaignant, jugeant que la famille objet de plainte était dans une situation régulière. Mais c'était là la goutte qui a fait déborder le vase. Le calice était donc plein et le climat était électrique entre ces deux ménages. La moindre étincelle était à même de mettre à feu et à sang le «haouch». C'est ce qui s'est produit, malheureusement, le 12 août 2008. Pour un fait anodin, les deux pères de familles en sont venus aux mains. La dispute a dégénéré et les deux hommes, à couteaux tirés, s'affrontèrent à coups d'armes blanches. Blessée, dans la matinée, la victime revient l'après-midi, après avoir établi un certificat d'incapacité au service médico-légal du CHU d'Oran, dans ce qui s'apparentait à un deuxième round de la bagarre. Voyant leur père malmené par son voisin l'épicier et fils, les enfants de la victime et sa femme s'en mêlent. S'ensuit une vraie rixe. Poignardé, le père de la première famille succombera à ses blessures 24 heures après au niveau du bloc de réanimation des UMC d'Oran. Sa femme plongera dans le coma des jours durant. Insistant sur la gravité des faits et le caractère prémédité de l'homicide volontaire, le représentant du droit public a requis 20 ans de prison ferme contre le meurtrier, le fils de l'épicier, trentenaire, et 2 ans de prison ferme contre son père et son frère.

 A l'issue des délibérations, l'auteur du crime a été condamné à 20 ans de réclusion. Son père et son frère ont été condamnés respectivement à 1 an de prison avec sursis et 3 ans de prison ferme pour coups et blessures volontaires.


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