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Le Mawlid, une fête religieuse qui perd sa vocation



Le Mawlid, une fête religieuse qui perd sa vocation
La commémoration de la naissance du Prophète (QSSSL) a, de nos jours, perdu sa vocation et les traditions d'antan. Si on remonte à la période des Zianides, la nuit du Mouloud était célébrée au Méchouar avec une splendeur et un éclat inaccoutumés, avant de devenir une fête populaire. À cette époque, « une réception grandiose était donnée la nuit du 11 au 12 Rabie Al Awal dans un des palais du Méchouar. Une profusion de coussins, de divans et de tapis garnissait l'immense salle d'apparat. Des candélabres se dressaient de proche en proche, pareils à des colonnes alignées sur des socles de cuivre doré. Chaque invité avait sa place. Il y avait aussi des gens du peuple, des commerçants, des artisans, des étudiants et des notables ». A l'intérieur du palais, des pages, revêtus de tuniques aux couleurs variées, circulaient parmi les convives. Tantôt ils promenaient des cassolettes et des encensoirs d'où des fumées d'ambre gris, tantôt ils aspergeaient d'eau de rose. Le roi, assis au milieu de la salle, sur son trône, gardait le silence qui sied à un monarque. Dans l'intervalle des heures, on procédait à la récitation d'abord du poème composé par le roi. Un héraut, choisi pour la douceur de sa voix, se plaçait sur une estrade vis-à-vis du monarque et récitait ou chantait le poème en faisant sentir la mesure. Puis on déclamait les poèmes composés par les poètes de la cour et où chacun rivalisait d'éloquence et d'habileté à la gloire du Prophète (QSSSL). Parmi ceux qui ont déclamé des poèmes mémorables en l'honneur de cette nuit du Mouloud, nous pouvons citer Sidi Mohammed ben Youcef Al-Quîssî, Al-Hadj Aby-Abdallah ben Aby-Djam'a et Talâlissî, le médecin du palais, Abou Zakarya Yah'ia Ibn Khaldoun, Aby-Mohammed Abdel Moumen Ibn Moussa Al-Madyounî... Ce n'est qu'après avoir présidé à la prière en commun du fadjr dans la mosquée du Méchouar, que le roi se retirait dans ses appartements. Les mêmes ambiances pour célébrer l'événement étaient largement constatées durant les années 1970 avec des troupes aïssaoua, qui faisaient les tournées dans les quartiers et villages. Les femmes optaient pour les danses « essaf », récitant la fameuse chanson « Oh Aïcha ne dort pas... Cette nuit naîtra Sid N'bi ». Des soirées de madih et de récitations du Coran sont organisées au niveau des mosquées. Dans les foyers, des menus spéciaux agrémentaient les tables. S'ajoutent ces bougies allumées dans chaque chambre. C'était une occasion également de circoncision les enfants, de faire du henné pour les fillettes transformées en poupées par le costume de la chedda. Aussi, les meddahate animaient les soirées. Aujourd'hui, force est de constater que cette célébration se limite à l'organisation des distributions des cadeaux aux récitants du Coran, ou des veillées de madih dans les zaouias. Le charme de cette fête religieuse a été « tué » par l'évolution du temps. Les produits pyrotechniques font ravage et engendrent une pollution sonore.


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