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Le marché des moutons reste calme à Oran



"Les gens ne travaillent plus depuis cinq mois et n'ont plus de revenus nécessaires pour acquérir un mouton."C'est le constat de Talha Miloudi, éleveur, qui explique que la pandémie de Covid-19 a influé directement sur le marché des moutons, en plus "des dispositions prises par l'Etat en interdisant le rituel dans les cités et bâtiments". L'aspect purement pécuniaire de l'occasion impacte également le choix du citoyen de fêter cette date. "Les gens ne travaillent plus depuis cinq mois et n'ont plus de revenus nécessaires pour acquérir un mouton."
Notre interlocuteur estime qu'avec les nouvelles règles prises par les pouvoirs publics, la vente des moutons ne peut se faire qu'au niveau des fermes et le cheptel disponible actuellement à Oran est celui qui se trouve là depuis deux à trois mois pour engraissement, avant l'instauration de l'interdiction de circulation de et vers les wilayas touchées durement par le virus.
"Ce sont ces moutons qui sont en vente actuellement." Talha Miloudi insiste sur les mesures préventives avec gel désinfectant pour ses clients et port obligatoire de la bavette, une mesure rappelée à travers l'affichage des gestes barrières, mais l'indiscipline de certains citoyens semble être irréductible. Malgré ces rappels, des clients s'invitent à l'intérieur de sa ferme sans bavette, accompagnés parfois de leurs enfants.
Quant à une éventuelle contamination des moutons, il indique que tant que le cheptel reste loin de l'épicentre de la contamination, il n'y a pas de risques sur la santé publique, "mais si les dispositions ne sont pas prises correctement, il peut y a voir danger", précise-t-il. Pour le cheptel du sud-ouest du pays, il nous informe qu'il n'est pas disponible à Oran à cause de l'interdiction de circuler. "J'ai appelé un éleveur de Bougtob qui m'a certifié que le marché est archi-complet et qu'il est impossible de s'installer avec son troupeau", ce qui signifie pour lui que le cheptel d'El-Bayadh ou de Tiaret n'a pas bougé de ses terres. Une information pourtant démentie par les camions immatriculés à Tiaret qui ont rallié la ville depuis une semaine.
"Les camions remplis de moutons avec mangeoires circulent librement depuis Tiaret jusqu'à Oran sans qu'ils soient inquiétés", témoigne un habitué du trajet. "Il y a un surplus de l'offre cette année, ce qui stabilise les prix du marché qui vont de 35 000 à 55 000 jusqu'à 80 et 90 000 DA. Il y a même de 22 à 25 000 DA pour une rakhla (agnelle) et les gens les achètent." Comment le marché va-t-il se comporter ' "Tout dépend de la volonté des citoyens. Vont-ils célébrer l'Aïd ou pas, ou attendre si le marché local n'est pas inondé par les troupeaux du Sud '" répond Talha Miloudi. Il craint aussi une pénurie du cheptel si d'aventure les routes sont bloquées.
Par ailleurs, et avec l'interdiction des points de vente de proximité et la fermeture du marché aux bestiaux à El-Kerma pour des raisons sanitaires, des points de vente illicites font leur apparition un peu partout à Oran. "On est loin, très loin des scènes surréalistes des années précédentes avec des points de vente sauvages même au niveau des ronds-points de la ville", constate Abdelhak, cadre dans une entreprise privée de distribution, parti chercher un mouton à bon prix. On trouve ces points de vente improvisés le long du 4e périphérique, dans le tissu intra-muros ou dans les communes avoisinantes, en attendant une décision officielle sur leur fermeture ou leur ouverture.

SAID OUSSAD
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