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Le malheur des uns...



Evidence - Quand la politique de santé peine à répondre à la demande des citoyens, il y a de la place pour l'exploitation éhontée de la souffrance des patients.
Le risque ne provient pas seulement de la consommation de plus en plus avérée des produits de phytothérapie. Mais, de l'escroquerie dont font l'objet de nombreux malades à la faveur de l'ouverture de plusieurs commerces et centres de vente de ce genre de mixtures. L'espoir de voir leur mal soigné, a poussé beaucoup d'Algériens à s'adresser à ces espaces pour des traitements dont le prix varie entre 15 000 et 19 000 DA.
Et dont l'efficacité n'est pas tout à fait prouvée. Si la vente libre des produits phytosanitares importés du Moyen-Orient est, jusque-là, tolérée aussi bien dans les magasins qu'aux abords des mosquées, l'avènement d'un centre de phytothérapie aussi imposant que celui sis à Bab-Ezzouar et dont le propriétaire vient de l'Orient, fait surgir quelques interrogations.
Cette activité relève du ministère du Commerce, selon le témoignage du responsable de ce centre. Curieuse réglementation. Car il faut bien convenir que les ingrédients entrant dans la fabrication des recettes miracle destinées à guérir de nombreuses maladies chroniques ont besoin d'être contrôlés. Mais comment le ministère du Commerce peut-il s'attribuer cette prérogative relevant du ministère de la Santé ' Et comment peut-on concéder un registre du commerce pour vendre des produits non identifiés ' Une passivité qui ne peut qu'être préjudiciable au citoyen d'autant plus que les prescriptions de ce centre sont consommées par un large public.
On ne peut toutefois pas ignorer les vertus des plantes médicinales qui sont loin d'être négligeables. Ce secteur aurait pu, en effet, être complémentaire à la médecine conventionnelle n'était ce dysfonctionnement criant souvent à la barbe des autorités censées garantir une prise en charge médicale et psychologique à tous les malades.
Dans cette esquisse, notre prétention se limite au souci d'éclairer le lecteur sur les méfaits de cette médecine d'un autre âge.
Malheureusement les autorités concernées par ce sujet, à savoir les ministères du Commerce et de la Santé, ne semblent pas encore prêtes à délivrer tous les dessous de ce business bien qu'elles aient été sollicitées par nos soins. Aussi approximative soit-elle, notre approche laisse en tout cas entrevoir la nécessité de mettre en place un mécanisme de contrôle plus rigoureux à l'égard de ce commerce florissant.
Mais aussi de se pencher sérieusement sur la situation dramatique qui caractérise notre système de santé. La paralysie qu'ont connue nombre de nos CHU en 2011 à la faveur de la grève illimitée des praticiens de la santé en est une preuve édifiante. Des résidents au personnel paramédical en passant par les professeurs en médecine, tous étaient mobilisés pour dénoncer la précarité qui sévit dans nos hôpitaux.
Ces éléments parmi tant d'autres sont à l'origine de l'essor pris par la phytothérapie sur laquelle se ruent les partisans de cette pratique par ignorance ou par fatalisme.
On pourrait, enfin, affirmer sans crainte d'exagération que ces boutiques ' calquées sur un modèle bien loin de notre culture ' et tous ces centres ont trouvé leur compte dans la douleur de nos concitoyens.
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