
Ce qui s'est produit avant-hier à Béjaïa, en marge du MOB-MCO, est le parfait reflet de la quasi-majorité des galeries des clubs, toutes divisions confondues.Alors que le public sportif algérien adepte du ballon rond était convié, via le petit écran, pour suivre avant-hier après-midi au stade de l'Unité maghrébine de Béjaïa, à une belle affiche qui opposait les Crabes du MOB et les Hamraoua du MCO, une horde de supporters oranais, a malheureusement gâché les débats du jour. Pour cause, dès le coup d'envoi donné par l'excellent arbitre international Boukouassa, la tribune réservée aux nombreux fans du Mouloudia d'Oran a connu un premier mouvement de panique, suite auquel le match a connu une première interruption de 5 minutes.Les officiels, et notamment le service d'ordre, sont donc rapidement intervenus pour ramener le calme, notamment en demandant aux supporters du MCO qui avaient franchi le grillage de protection, de remonter dans les gradins.Une première alerte que l'on croyait sur le moment sans suite, d'autant plus que sur le terrain, les débats se déroulaient à la loyale, et dans un parfait état d'esprit entre les Crabes et les Hamraoua. Malheureusement, alors que le chronomètre indiquait la 32ème mn de jeu, et que la rencontre avait atteint un rythme d'excellente facture, tous les supporters oranais ont subitement envahi comme un seul homme une partie de la main courante droite du stade, via un autre mouvement de foule, face auquel le service d'ordre a été contraint de sévir manu militari à l'égard de la galerie visiteuse. Une intervention de la police antiémeute qui a provoqué l'arrêt du match pendant un quart d'heure, et suite à laquelle les supporters du MCO ont été priés de quitter carrément le stade de l'Unitémaghrébine.Les images du direct étaient vraiment «insupportables» à suivre par des milliers de téléspectateurs, tant le vrai football venait d'être encore gâché par des comportements qui ne cessent plus de prendre de l'ampleur dans la plupart de nos stades de football.Une très triste et déplorable image pour notre sport-roi que des énergumènes ont encore terni, et dont certains d'entre eux ont encore franchi le seuil de l'intolérable. Au lieu de se déplacer en joignant l'utile à l'agréable, et découvrir pourquoi pas la beauté de nombreuses villes comme la capitale des Hammadites, des centaines de jeunes, souvent livrés à eux-mêmes, et ils sont devenus légion dans la plupart des clubs, créent systématiquement le désordre dans un stade de football.Des enceintes devenues aujourd'hui de véritables arènes de la honte, où les insultes, les gestes obscènes, et les projectiles en tout genre, s'échangent à profusion entre les galeries adverses. Qu'elles soient locales ou visiteuses, toutes sont «habitées» par la culture de la violence qui tue chaque week-end un peu plus le football national. A quoi bon se déplacer avec son équipe, pour causer en fin de compte des saccages, et des destructions d'édifices publics ou privés, situés aux alentours d'un stade' Où sont donc passés ces fameux comités de supporters qui n'existent plus dans la plupart des clubs'Le prestigieux Mouloudia d'Oran est trop grand pour tous ces soi-disant supporters qui viennent de «ternir» l'image d'un authentique ténor de l'Ouest. Ce qui s'est produit avant-hier à Béjaïa, en marge du MOB-MCO, est le parfait reflet de la quasi-majorité des galeries des clubs, toutes divisions confondues. Même l'EN a fini par fuir le merveilleux et titanesque 5-Juillet, tant le plus beau stade d'Algérie, est devenu aujourd'hui synonyme de lieu privilégié d'insultes, et de scènes complètement aux antipodes du véritable fair-play. Cette nouvelle génération porte en elle aujourd'hui les pires maux que réprime la morale car notre société actuelle véhicule trop de violence, et a fait du football l'espace le mieux indiqué pour donner cours à tous les dépassements possibles et imaginables.Le football est censé être un vecteur de convivialité, de spectacle et de fête, et non pas la cause d'un hooliganisme qui menace chaque jour plus la pratique du sport numéro un mondial. Lorsque l'Angleterre a fait le choix d'éradiquer l'hooliganisme, elle l'a fait sans aucun état d'âme envers ses concitoyens. Notre football a réellement atteint cette fois le seuil de l'intolérable. Pour preuve, l'instauration du huis clos a montré toutes ses limites. Le tragique décès du footballeur camerounais Ebossé n'a strictement rien changé dans nos stades de football.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Bachir BOUTEBINA
Source : www.lexpressiondz.com