Oran - Revue de Presse

Le grand distributeur des Mac Baril



Dans un formidable basculement alimentaire, aujourd'hui, leministre le plus important du peuple ce n'est pas Ouyahia,mais Ould Abbas. Le premier prend, le second donne. Etdans une économie revenue à la cueillette et à la chasse, indexée sur lepipeline et dépendante du baril plus que cette terre ne l'a été de la France, cela se comprend. Ould Abbas, c'est le panier, le don, la gratuité, ledernier socialisme connu, le couffin et la liste. Ouyahia,c'est la taxe, la loi de finances, l'administration, le guichet, le sur-moifreudien collectif. Et dans une économie nationale devenue une économiedistributive, tombée de l'usine vers la gamelle et réduite à des dons de Bouteflika faute d'indices de production, cela estexplicable par les évidences. Plus il y a de pétrole, plus il y a de l'argent, moinsle peuple veut faire tourner la meule, plus l'Etat veut garder la cuisine etplus il distribue pour calmer la foule, le ventre et les oppositions. Du coup, moinson travaille, plus l'avenir de OuldAbbas est radieux. Un jour peut-être, il n'y aura que deux personnes avec deuxpostes: un chef de gouvernement pour vendre le pétrole et faire des lois, unministre de la Solidaritépour distribuer les repas à midi et vers 20 h, après le JT consacré à affinerla biographie du Président de la RADP. Le plus amusant pour le moment est que ce jeu de rôlesexplique même pas mal de choses. Par exemple, pourquoi le chef de gouvernementn'aime pas le chef de la Solidarité et l'a même dit en public. Et pourquoi il a étémaintenu dans son gouvernement par un Président qui lui donna du galon, nousexpliquera un jour un taoïste. Le 22 septembre 1980 (comme hier donc), enPologne, est né le mouvement Solidarité (Solidarnosc) avec Lech Walesa, quideviendra célèbre et se mariera avec l'histoire avec laquelle il aura beaucoupd'enfants. Cela n'a rien à voir avec notre « mouvement de solidarité »alimentaire. Et si le chroniqueur le rappelle, c'est juste pour le fun, l'amusement,le cirque, le technicolor national.

La question de fond restera pourtant là, au fond comme unpoisson mort: que se passera-t-il lorsqu'on n'aura plus rien à distribuer pource peuple ? Rien. Ould Abbas deviendra ministre aprèsune longue carrière comme repas. Le chef de gouvernement deviendra un chef degouvernement véritable et décidera de le remplacer. Par un autre ou par lavaleur du travail.


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