Oran - Revue de Presse

Le Ghana comme attendu



Après le retrait du Togo suite au mitraillage du bus à Cabinda, les Ivoiriens se sont estimés lésés par ce coup du sort. Ils estimaient sans doute que la réduction de ce groupe était de nature à amenuiser leurs chances de qualification. Après leur semi-échec de la première journée face au Burkina Faso, leurs craintes se sont trouvées confortées. Ils avaient omis de considérer le côté positif de cette situation, puisque les Ghanéens, qui devaient affronter le Togo, étaient un peu «courts» lors de leur duel de vendredi dernier. En battant les Black Stars, ils ont pris ainsi une option décisive en raison de la réduction de ce groupe. On en arrive aux successeurs de l'inoubliable Abedi Pelé dont les deux fils Ibrahim et Daniel figurent justement parmi l'effectif déplacé en Angola. Au coup d'envoi de la rencontre, les «Etalons» se trouvaient dans une situation bien plus confortable que leurs adversaires, privés des services de leur capitaine Essien qui, blessé, a suivi le match des tribunes. En effet, un point aurait comblé les Burkinabés étant donné que le billet se disputait contre les Ghanéens. Depuis qu'ils avaient atteint les demi-finales en 1998 à domicile, ils n'ont jamais atteint le second tour. Donc, une performance était à portée de main. Mais les Ghanéens, conscients de l'enjeu, ont fait preuve d'une détermination de bon aloi. Et comme les Burkinabés, au physique impressionnant, affichaient le même engagement, nous avons assisté à des duels musclés, ce qui a contraint l'arbitre seychellois Eddy Maillet à brandir le carton jaune à plusieurs reprises. L'intérêt de ce choc, outre la qualification bien sûr, résidait dans l'opposition des styles. Au football dynamique du Burkina Faso, les Ghanéens, plus habiles, se sont assuré l'avantage à la demi-heure, grâce à une reprise de la tête d'un des fils de Abedi Pelé, André Ayew. L'analyse des rencontres de football aura permis aux entraîneurs de se rendre à une évidence: toutes les reprises, que ce soit de la tête ou du pied qui orientent le ballon vers le sol, ont les plus grandes chances de prendre à défaut les gardiens. Ayew a fait exactement ce qu'il fallait. Sur un centre en diagonale de la droite, il a rabattu la balle vers le sol. Et celle-ci ne put être captée par le keeper burkinabé Sidibé. Ce but s'est avéré finalement décisif, car il permet aux Black Stars de se qualifier in extremis. Les puristes ne peuvent que se féliciter de ce dénouement, car les Ghanéens ne sont pas considérés comme les «Brésiliens» de l'Afrique pour rien. En Angola, l'effectif est handicapé par de nombreuses absences et huit juniors (champions du monde de la catégorie contre... le Brésil !) font partie du groupe. Il aurait été désolant qu'un mondialiste comme le Ghana sorte dès le premier tour, ceci dit avec tout le respect qu'on doit aux Burkinabés. On peut dire que la logique a été respectée, même si les Etalons sont sortis de cette CAN la tête haute, même si, pour leurs fans, c'est une bien mince consolation. D'autant plus que tous les observateurs sont d'accord pour reconnaître qu'il y a une réelle progression du football burkinabé, lequel se retrouvera peut-être dans de meilleures dispositions lors de la prochaine CAN 2012.


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