Les hirakistes sont encore une fois sortis, hier à Oran, pour le 49e vendredi de contestation. L'itinéraire et l'horaire sont les mêmes, c'est-à-dire un rassemblement sur la place du 1er Novembre et une marche tout le long du parcours passant par la rue Larbi Ben M'hidi mais désormais avec, depuis peu, un encadrement par lesservices de l'ordre, sans doute pour éviter que ne se reproduisent les intrusions d'individus hostiles qui ont, il n'y a pas longtemps, perturbé une marche et généré des anicroches avec les protestataires.
Le caractère pacifique est à chaque fois mis en avant. La marche d'hier, moins impressionnante, a regroupé des participants jeunes et moins jeunes pour exprimer des revendications diverses. Hormis l'habituel «Dawla madania !» pour demander «l'instauration, estiment-ils, d'un Etat civil et non militaire ou policier» toujours scandé tout le long du parcours ou alors pour une «Algérie libre et démocratique !», d'autres ont trait à l'actualité immédiate.
C'est notamment le cas du retour sur la scène publique de la problématique liée à l'exploitation du gaz de schiste.
«Nous avons le pétrole et un potentiel inestimable pour le solaire, alors pourquoi vouloir exploiter le gaz de schiste
malgré ses effets négatifs sur les réserves d'eau», lit-on en substance sur une pancarte. Le slogan relatif à l'Etat
de droit et à l'indépendance de la justice est jumelé avec la revendication concernant la libération des détenus
politiques.
A titre d'exemple, le portrait de Nour El Houda est brandi par nombre de participants. «Le sourire de Nour El Houda ne peut pas être emprisonné», pouvons nous lire sur une pancarte. L'humour qui caractérise le hirak est toujours présent dans les manifestations, et c'est le cas cette fois de quelques vraies pommes de terre brandies par un des contestataires (référence ironique au contenu du discours du président de la République) mais aussi d'une improbable «Ouverture du hirak d'une instance de formation professionnelle ayant pour spécialité la politique !»
Remarquable est également cette banderole brandie par «les demandeurs de logements d'El Hamri». Ces derniers ont en effet protesté récemment car s'estimant lésés et ont donc participé en tant que tel à ce hirak.
L'équation du logement malgré les efforts consentis dans ce domaine reste problématique vu le nombre de demandeurs qui s'impatientent, mais cette banderole marque en quelque sorte une apparition de revendications d'ordre purement social.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djamel Benachour
Source : www.elwatan.com