«Il n'y a pas de crime parfait: il n'y a que des crimes impunis, ceux dont l'imperfection n'a pas été découverte.» Alain Demouzon
Ou bien ceux pour lesquels la justice aveugle n'a pas déployé toute sa vigilante perspicacité, pourrait-on ajouter. C'est comme cela, il y a des crimes ou des délits qui resteront toujours un énorme point d'interrogation, sinon pour les victimes, du moins pour les ayants droit. Ainsi, on peut longtemps épiloguer sur l'assassinat d'un ancien ministre des Affaires étrangères qui eut le malheur de se trouver un jour sur la diagonale d'un fou. L'histoire est ainsi jalonnée de mille exemples où la justice n'a pas été rendue. Pourtant, il suffit simplement de se demander à qui profite le crime. L'acte gratuit ne peut être qu'un accident rarissime qui arrive à la conjonction de la trajectoire de deux destins éloignés... Cependant, au moment où la technologie fait chaque jour des progrès énormes, multipliant et améliorant les moyens de communication entre les humains, au moment où de fracassantes annonces sont faites sur une ouverture de l'espace audiovisuel, il est déconcertant que la législation, digne reflet des mentalités anciennes, reste figée sur la posture du parti unique. Je m'explique. Ayant eu à tourner un petit documentaire sur le traitement des déchets solides dans notre cher pays où on nous avait jadis fait la promesse solennelle de bannir à jamais l'infâme sachet plastique noir qui défigure tant notre si bel environnement boudé par tous les touristes de toutes nationalités, confessions et obédiences, je fus amené à diriger le tournage à un carrefour très fréquenté d'une banlieue où passent tous les camions-bennes qui se dirigent vers un de ces fameux «centres d'enfouissement technique»... C'était après une matinée mouvementée où l'équipe de tournage réduite à deux membres fut prise à partie dans une émeute fomentée par des voyous. Le résultat fut que dans l'échauffourée, nous perdîmes le précieux document qui enjoignait aux autorités de nous prêter main forte pendant l'exercice de notre métier si ingrat: une autorisation de tournage pour parler simplement. Or, ne voilà-t-il pas qu'après deux ou trois prises de vue, vinrent à passer deux agents de la gendarmerie juchés sur leurs motos. L'un d'eux avait le physique du Sergent Garcia: il se montra le plus inflexible devant nos explications sincères mais brouillées. Nous fûmes conduits comme deux délinquants, mais avec toute la courtoisie qui sied à un agent de la force publique qui croyait tenir là deux suppôts de linfâme lobby impérialo-sioniste qui ne cesse, depuis l'Indépendance, de chercher à nuire au dernier pays libre du «Front du refus». Au PC de la gendarmerie de banlieue, nous fûmes reçus par un responsable très courtois et très ouvert qui engagea avec nous un dialogue très fructueux et très instructif sur l'état d'esprit et sur la vigilance de nos services de sécurité publique. Nous dûmes cependant attendre deux heures, le temps que notre infâme producteur nous envoie une autorisation de rechange. Nous nous en sortîmes simplement avec un léger retard pour notre emploi du temps si chargé, car nous devions rencontrer dans l'après-midi, un président d'APC très attentionné quant aux problèmes d'environnement...
C'est ainsi que pendant le chemin du retour au bercail, nous eûmes à disserter sur l'énorme fossé qui existe entre une législation pointilleuse et la technologie moderne: comment expliquer qu'on puisse encore avoir besoin d'une autorisation de tournage quand une multitude de citoyens possèdent des téléphones portables qui restituent des images d'une grande définition. Un père de famille qui filme sa famille s'ébattant dans la nature aurait-il besoin d'une telle autorisation'
Au moment où les satellites peuvent filmer toute la planète, mètre carré par mètre carré....Toutes les réponses seront données quand les caméras privées pourront restituer en direct la mise à sac d'une entreprise privée...
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Selim M'SILI
Source : www.lexpressiondz.com