Parmi les 9 millions de votants sur plus de 21 millions d'électeurs inscrits, 1,3 million détermineront l'avenir de l'Algérie.
Lors des élections du 10 mai 2012, pour le parti FLN, le nombre de suffrages recueillis a été de 1.324.363 voix pour 221 sièges. C'est peut-être suffisant pour trôner à l'APN, mais est-ce vraiment le cas pour engager l'avenir des futures générations sur des décennies' La question mérite d'être posée lorsqu'on garde en mémoire le fait que cette APN sera chargée d'élaborer une nouvelle Constitution. C'est le FLN qui aura le dernier mot dans ce cas. Et on sait déjà qu'il ne touchera pas au système de dichotomie au sommet de l'Etat actuellement en vigueur puisque Abdelaziz Belkhadem, secrétaire général du parti, a exprimé sa préférence pour un régime semi-présidentiel.
Exit donc les demandes d'instaurer un régime parlementaire comme le veulent les islamistes. Mais hormis cette profession de foi sur le régime politique, on ne sait pas encore ce que la Constitution de l'Algérie héritera de cette législature. D'ici à 2013, il y aura suffisamment de voix qui s'élèveront pour dénoncer cette mainmise du FLN sur la vie politique de la nation. Elles ne feront que rallier la vague de mécontentement actuelle portée à la fois par des tenants traditionnels de la convocation d'une Constituante et les islamistes furieux d'être privés de leur printemps. Alors du côté des gagnants comme de celui des perdants, on essaie d'y mettre les formes. Belkhadem rejette l'accusation de despotisme et promet de constituer une large alliance pour gouverner. De toute façon, dit-il, il n'est même pas sûr de décrocher le poste de Premier ministre. Du côté de l'opposition, certains préfèrent cultiver l'optimisme de voir un jour instaurée une deuxième République. La secrétaire générale du Parti des travailleurs, Mme Louisa Hanoune, l'a encore redit récemment à Oran. Pour le président du Mouvement de la société pour la paix, Bouguerra Soltani, le projet de l'Algérie verte est trop important pour être interrompu par une étape électorale. Le fait que l'Alliance de l'Algérie verte soit classée à la troisième place sur le plan politique et à la première place parmi les partis islamiques, n'est pas une fatalité, a souligné Soltani. Soltani préfère aussi évoquer la carte légaliste. Il a appelé la nouvelle Assemblée à représenter le peuple et non les partis vainqueurs et à être au service de la pluralité. Il n'est pas sûr que son appel sera entendu par Belkhadem qui ne compte pas accorder de concessions importantes mais qui veut plutôt regrouper autour de lui des partis prêchant le même programme. A travers les actions du PT et du MSP, il est difficile d'imaginer un consensus sur la future Constitution tant les points de vue divergent. Il y a une difficulté supplémentaire que Belkhadem doit prendre en considération afin de trancher un quelconque dossier, y compris la Constitution. Qui écoutera tous ceux qui ne figurent pas parmi les 9,3 millions de votants' Encore faut-il souligner que le nombre de suffrages exprimés est de 7,6 millions et que le nombre de bulletins nuls est de 1,7 million. Les bulletins nuls constituent même le premier parti d'Algérie devant le FLN. Le FLN semble avoir trouvé la parade à ces écueils. Belkhadem promet que l'APN disposera davantage de pouvoirs pour contrôler le gouvernement. Sauf que si une assemblée FLN contrôle un gouvernement de même couleur, le citoyen n'y verra pas forcément un grand intérêt. En contrepartie de cette hégémonie, le FLN semble lâcher du lest en promettant d'inscrire dans la Constitution le respect des libertés et la confidentialité des informations sur les individus. Il va même jusqu'à proposer de mettre fin au nomadisme politique en l'inscrivant dans la Constitution afin que l'élu ne trahisse pas la confiance de l'électeur. Mais avant de parvenir à ces étapes, il y aura la réunion du comité central de ce mois de juin qui aura son mot à dire sur la finalisation du projet de réforme de la Constitution. Dans l'intervalle, le FLN veut montrer son fair-play en proposant une alliance avec un ardent défenseur de la Constituante, à savoir le FFS. Mais avec un ralliement de 13 députés, le FLN disposera de 234 sièges. Soit la majorité absolue. De quoi renforcer ses convictions lorsqu'il s'agira de rédiger la Constitution.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ahmed MESBAH
Source : www.lexpressiondz.com