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Le film de Guillaume Pitron projeté publiquement à Oran



Le film de Guillaume Pitron projeté publiquement à Oran
Venu à Oran présenter Algérie, la mer retrouvée, un épisode de la série Thalassa projeté samedi à l'auditorium du Méridien, Guillaume Pitron, répondant à des questions du public, a évoqué les difficultés rencontrées avant et pendant le tournage.«Des tonnes de paperasse avec, malgré des autorisations délivrées par plusieurs ministères, des difficultés sur le terrain à cause du manque de coordination», indique-t-il, conscient de la suspicion qui entoure les médias étrangers de la part d'un Etat qui se méfie de leur propension à noircir le tableau.Ce n'est pas du tout le cas de ce film long format (1 heure 52 minutes) déjà diffusé la veille, vendredi, par France 3 et qui, cerise sur le gâteau, a enregistré 11 points d'audience en France. Un succès, juge le réalisateur qui s'étonne presque d'avoir eu à affronter toutes les difficultés bureaucratiques pour un résultat aussi positif pour l'image de l'Algérie. Peut-être même un peu trop positif. Rien à dire sur les paysages magnifiés par les vues aériennes. Ils étaient là depuis des lustres. Des zones entières sont demeurées vierges, mais qui contrastent avec des rivages bétonnés jusqu'à affleurer l'eau.Rien à dire aussi sur certains personnages mis en scène, même s'ils sont loin de représenter des modèles du genre, comme Fatima qui dirige un bateau de pêche (à l'espadon) à Oran, ou Samia qui dirige un club de plongée sous-marine à Tipasa. Mais il faut par contre se méfier de l'optimisme outrancier du jeune chanteur Mohamed au sujet d'une ville d'Oran festive et vivant la nuit.Ce n'est malheureusement pas ou plus le cas. Son petit show filmé sur le front de mer l'a été sans doute en réalité un 21 juin à l'occasion de la Fête de la musique que l'Institut français, en collaboration avec l'APC d'Oran, tentent d'ancrer mais avec un succès mitigé. A Béjaïa, les préoccupations écologiques mises à part, le film fait presque la publicité d'une excroissance en béton considérée comme un investissement touristique sur le littoral est de la ville (le plus fréquenté par les touristes nationaux).Edifiée durant la décennie noire, lorsque l'Etat avait d'autres chats à fouetter, le promoteur de cette «copropriété», qui a accaparé un espace en bord de mer, a eu pour effet de densifier une des plus belles plages du pays.Aux Andalouses, à Tichy où ailleurs, les nouveaux promoteurs n'ont même pas été capables de reproduire en qualité les structures étatiques érigées plus de 20 ans auparavant (début des années 1970), mais ils ont par contre beaucoup contribué à remettre en cause, petit à petit, la mixité sociale qui caractérisait la fréquentation de ces plages autrefois accessibles et ouvertes à tous. Aujourd'hui, elles ne sont pas privatisées au sens strict du terme, mais le concept fait son chemin avec la médiocrité que l'on sait et que ni la paella ni le couscous au mérou du cuistot de Annaba ne peuvent édulcorer.


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