
Avant-hier, en fin de journée, la Maison de la culture Mouloud-Mammeri a abrité la projection d'un long métrage de 90 minutes. Il s'agit du film de fiction intitulé: Le Chant des cigales, réalisé par Ali Berkenou. Ce dernier, faut-il le rappeler, a été le premier lauréat du Prix L'Olivier d'or obtenu lors de l'édition d'Oran, il y a dix ans. C'est une très belle oeuvre qui a été projetée, de l'avis de la majorité des spectateurs interrogés à la fin de la projection du film. Le public a été subjugué notamment par la qualité technique élevée de ce film.Enfin, un film de bonne facture au Festival du film amazigh! La qualité de l'image et du son mais aussi la réalisation, rien n'est laissé au hasard dans ce film, contrairement à ce à quoi nous étions habitués quand il s'agit de films d'expression amazighe.Les prestations de l'ensemble des acteurs ayant participé à ce film sont également d'un niveau qui honore incontestablement le cinéma kabyle. Et ceux qui n'ont pas eu la chance de voir le film lors de ce festival ne seront pas du tout déçus lorsqu'il auront l'occasion de le visionner éventuellement dans des salles de cinéma ou sur une chaîne de télévision algérienne.Ali Berkenou a ainsi compris 17 ans plus tard tous les rudiments du vrai cinéma même si lors de sa première participation déjà, il avait fait preuve d'une maîtrise précoce de cet art avec la réalisation de son premier court métrage intitulé D awal kan. Ali Berkenou a donc pris tout le temps qu'il faut en évitant de tomber dans le piège de la facilité et de la précipitation. Le résultat est on ne peut plus édifiant.Le réalisateur a aussi conféré à son film des dimensions auxquelles nous n'étions pas habitués en y incrustant des scènes de tendresse, dans les limites de la pudeur bien entendu, entre Juba et Françoise. Ces derniers s'aiment mais ne peuvent pas aller loin à cause du refus du père. Ce dernier, autoritaire et borné, voire malsain, évoque des raisons religieuses. Or, la vraie raison de son opposition à cette union est ailleurs et fera scandale dans le domicile familial une fois révélée par le fils déprimé et révolté. Ce dernier est forcé par son père et sa mère d'épouser une cousine. Mais Juba ne vit que pour penser et repenser aux souvenirs indélibles et suaves partagés avec Françoise.Le terrorisme commence. Devant la menace qui pèse sur les étrangers, Françoise et sa mère prennent la clé des champs et repartent en France. Juba a essayé d'oublier Françoise. Impossible. Il prend alors le chemin vers la France pour tenter de retrouver son amour perdu. Mais une fois devant la mère de son ex-amour, il est choqué d'apprendre que...La suite, il faut peut-être la réserver au visionnage du film qui la révélera. On regrettera toutefois que l'excellent scénario de ce film ne soit pas quelque peu étoffé pour pouvoir situer les événements sociaux du récit dans le contexte sécuritaire et politique des années 1990.C'est sans doute le manque de moyens qui a empêché Ai Berkenou d'aller plus loin. S'il l'avait fait, son film aurait été une véritable fresque. Mais il n'est jamais trop tard pour bien faire. Berkenou et le cinéma amazigh ont tout l'avenir devant eux.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Aomar MOHELLEBI
Source : www.lexpressiondz.com