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«Le festival ne se prépare pas en un mois et demi» MOHAMED BENSALAH, PRESIDENT D'HONNEUR, À L'EXPRESSION



«Le festival ne se prépare pas en un mois et demi»                                    MOHAMED BENSALAH, PRESIDENT D'HONNEUR, À L'EXPRESSION
Le président d'honneur du Festival d'Oran du film arabe revient sur le cinéma algérien tout en s'attardant sur les hauts et les bas de cette 5e édition.
L'Expression: A quoi sert de tenir un festival s'il y a absence de créneaux de création et diffusion'
Bensalah Mohamed: Tout est fait dans l'urgence. C'est malheureux. Oran a un vide culturel intense. Il ne faut pas croire qu'il n'y a eu que les islamistes qui ont interdit le cinéma. Il y avait une forte bureaucratie qui empêchait les films, ce qui a fait de moi, en tant que réalisateur quelqu'un de marginal. Je suis resté dans le cinéma mais par le biais de l'université. Il y a eu une chape de plomb. Il est important de faire les états généraux du cinéma. Tout ce beau monde est heureux, cela fait tellement longtemps qu'ils ne sont pas rentrés dans les salles. Il va falloir rediscipliner ce public.
Comme peut-on rediscipliner le public'
Le mouvement associatif doit s'impliquer. Ce sont les gens de la ville qui décident de faire quelque chose pour la ville.
Le mouvement associatif s'est impliqué en étant en parfaite symbiose avec l'atelier du film d'une minute...
Traidia était heureux de venir et prendre les choses en main et puis il voit qu'il y a des défections. En fait, le matériel existe, le problème posé est d'ordre gestionnaire. Cela se règle une année avant le festival.
Et l'annulation du forum du cinéma arabe'
Pour l'annulation du forum, il faut revenir à la personne qui a décidé de mettre en place le forum. En fait, ce n'était pas tout à fait un forum. C'était un certain nombre de gens préoccupés par le cinéma arabe qui se sont rencontrés à Cannes, se sont dits que nous allons perpétuer la tradition. Là aussi, ils ont voulu se rencontrer, ce n'était pas au grand public. Ça aussi se prépare: qui est dans ce groupe informel' L'opération doit être diligentée dès le départ.
Ces gens-là se sont quand même réunis en Jordanie!
Tout en remerciant la demoiselle qui a piloté tout ça, malheureusement ça ne devait plus se passer comme ça. Ce n'est pas une seule personne qui choisit tous les films du festival, qui décide de mettre en place les éléments du jury et le Forum du cinéma arabe. Nous sommes encore à Oran dans le re-départ du festival, ce n'est pas le moment de tenir un forum. Le forum ne me sert pas, car il est prématuré. Vous allez me demander pourquoi vous n'avez pas donné votre avis depuis le début. Quand la ministre m'a contacté personnellement et directement, en me téléphonant, c'était dans le but de prendre en main tout le festival. J'étais à la fois heureux et flatté d'une telle responsabilité, moi qui suis marginalisé pendant longtemps. Quand j'ai demandé la date, on m'a répondu que ce sera dans un mois et demi. Je connais quand même les festivals et pris part à plusieurs festivals, je sais que le festival ne se prépare pas en un mois et demi même si on a la meilleure volonté. Le festival d'Oran est national, il faut mettre en place un comité élargi au niveau national et faire venir des gens extranationaux qui ont des compétences dans le domaine du cinéma arabe. Tout comme le cinéma amazigh car il s'agit de la culture amazighe: notre bien commun qu'il faut faire valoir à travers les images. Les griefs que j'ai formulés sont bien plus nombreux que ceux que vous puissiez énoncer dont le problème de gestion.
Au vu de ce flux des cinéphiles, que direz-vous à Khalida Toumi pour maintenir l'ouverture des salles de cinéma'
Je dirai directement à la ministre, qui m'a honoré en me désignant en tant que président d'honneur, que je ne souhaite pas que ce festival disparaisse surtout que nos amis orientaux disent que nous sommes incapables de tenir un festival. Sachez que le premier festival du film arabe a eu lieu à Beyrouth en 1961, nous n'étions pas encore indépendants.
Le deuxième a été organisé en 1962 dans lequel pour la première fois un Algérien du FLN a pris part, et après il s'est cassé le nez. Il faut tirer les enseignements. J'espère que la ministre relancera le festival international d'Oran du court métrage.
Nous sommes aujourd'hui à la 12e édition du film amazigh, qui était itinérant pendant les 10 éditions précédentes. Ce festival, qui a sillonné presque toutes les villes algériennes, a suscité beaucoup de vocations, nous avons aussi le festival de Timimoun, celui de Constantine, Annaba.
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