
Samir Ould AliEn l'absence d'un marché de l'art à Oran, les artistes peintres s'ingénient à trouver des marchés ailleurs - à Alger mais, également, à l'étranger- et redoublent d'imagination pour promouvoir leurs «produits», notamment en recourant à Internet et ses réseaux sociaux. Les espaces d'expositions étant très rares, en dehors de structures institutionnelles jugées difficiles d'accès, les artistes oranais ont le plus grand mal à se faire connaître, à bâtir une réputation et parvenir à cet objectif ultime de vivre de son art.«Pourtant, il existe une trentaine de collectionneurs privés, c'est-à-dire qu'un marché de l'art a toutes les chances de se développer [...]. A conditions, toutefois qu'il y ait des initiatives capables d'insuffler une dynamique afin de mettre en relation l'art pictural et ses amateurs», assure Moussa Mediène, responsable de la défunte galerie Lotus, dans un entretien accordé au magazine local Cap Ouest Mag. Et l'homme sait de quoi il parle puisqu'en seulement trois années, il a réussi à intéresser de nombreux peintres et sculpteurs dont Hioun, Benbella, Belkhorissat, Belmekki, Kouider Medjahed... et à organiser de nombreuses expositions qui ne sont pas passées inaperçues. «Ce qui démontre qu'il y a un marché potentiel exigeant l'ouverture d'autres galeries à Oran», avait-il espéré à l'époque. Peine perdue puisque non seulement aucun nouvel espace n'est venu animer la vie culturelle oranaise mais même sa galerie a disparu du paysage, trois années seulement après être née.En attendant cette hypothétique dynamique que beaucoup disent espérer avec impatience, chaque artiste fait comme il peut pour mettre en valeur ses ?uvres auprès d'une clientèle potentielle. «Les artistes sollicitent de plus en plus Internet pour exposer et essayer de trouver des acheteurs. Certains affichent les prix mais d'autres préfèrent laisser le champ libre à l'évaluation par des tiers et à la négociation», indique l'artiste peintre Rachida Adjal, en ajoutant que la situation est telle que certains s'en vont même explorer d'autres marchés dans les pays étrangers comme le Maroc et l'Egypte où ils acceptent de payer 700 dollars pour pouvoir participer à des manifestations culturelles avec l'espoir, parfois maigre, d'un retour sur investissement. Cela, alors que certains artistes avertissent contre les risques induits par le recours à Internet comme les possibles vols, fraude et contrefaçon qui, éventualité toujours possible, pourraient cibler les ?uvres ainsi exposées. D'où la demande exprimée par les artistes et amateurs de protéger l'art algérien par la dynamisation et l'organisation du marché des arts plastiques afin de l'arracher à l'activité informelle. «A cause du manque d'implication des pouvoirs publics, les artistes et leurs ?uvres ne sont pas protégés et des ouvrages artistiques de l'ère coloniale appartenant au patrimoine national ont été détournés ou sont à l'abandon», déplore un plasticien d'Oran pour souligner l'intérêt de disposer d'un encadrement réglementaire.S. O. A
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : La Tribune
Source : www.latribune-online.com