Le don du sang, un acte hautement charitable
Le plus beau des services que peuvent rendre la famille ou les amis d’un malade est de lui donner de leur sang si celui-ci en a besoin lors d’un acte chirurgical ou d’une transfusion consécutive à une hémorragie. Il s’agit là d’un don inestimable et d’un acte hautement charitable, car donner de son sang dans ces circonstances revient à sauver une vie humaine. Or le Coran a décrété dans le cadre de son discours sur la valeur de la vie humaine que «quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes ; et quiconque lui fait don de la vie, c’est comme s’il faisait don de la vie à tous les hommes».Si le don d’argent en guise d’aumône a une noble valeur dans la religion, et appelle une récompense divine, au point que Dieu accueille ce don de Sa Main droite, et en multiplie la valeur jusqu’à sept cent fois voire plus si telle est Sa Volonté, alors le don du sang est encore plus méritoire et est plus largement rétribué. Car il est source de vie et fait partie intégrante du corps humain, le corps humain ayant bien plus de valeur que l’argent. Ainsi, c’est bien une partie de lui-même que le donneur offre à son prochain par amour et solidarité.
La valeur et le mérite de cet acte sont accrûs lorsqu’il s’agit de secourir une personne affligée, ou de venir en aide à une personne désespérée. La récompense de cette charité est alors démultipliée. Le Prophète nous a informé que : «Dieu aime le secours de l’affligé».
Un hadith authentique stipule par ailleurs que : «Quiconque délivre un musulman d’une affliction, Dieu le délivrera d’une des afflictions du Jour de la Résurrection».
Il est d’ailleurs également rapporté de manière authentique, d’après le Messager de Dieu - paix et bénédiction sur lui - que le secours porté à un animal affamé ou assoiffé est un acte hautement récompensé auprès de Dieu. Cela est attesté par le hadith de l’homme qui a abreuvé un chien mourant de soif, qu’il a trouvé haletant, en train de creuser la terre à la recherche de l’eau. Il descendit alors dans un puits pour y emplir sa bottine d’eau, la remonta en la serrant entre ses dents, et abreuva le chien jusqu’à plus soif. Le Prophète - ajoute : «Dieu lui lui pardonna ses péchés.» Les Compagnons, étonnés, demandèrent : «Les bêtes sont-elles pour nous une source de récompense divine, ô Messager de Dieu ?» «Oui, répondit-il, comme tout ce qui a un coeur qui bat.
Le don du sang mérite donc une grande récompense de manière générale, et cette récompense est doublée lorsqu’il s’agit d’un don de proche à proche, car à l’acte de charité s’ajoutent le renforcement des liens familiaux et la réaffirmation de la solidarité filiale.
Le Messager dit à cet effet : «La charité faite à un pauvre compte pour une charité simple. Faite à un proche, elle compte double : une charité et un renouement des liens».
La récompense de cet acte de charité peut encore être multipliée si la relation entre les deux proches - le donneur et le receveur - n’était pas au beau fixe, le diable les ayant séparés et allumé entre eux le feu de la discorde et de l’animosité. Si l’un deux parvient à surmonter son ego et à vaincre son diable, s’il parvient à franchir ce fossé détestable auprès de Dieu et auprès des hommes, en donnant à son proche besogneux de son argent ou de son sang, alors il aura commis un acte considéré par le Messager comme la meilleure des charités. Il dit en effet : «La meilleure des charités est celle faite à un proche antipathique», le proche antipathique étant celui qui nourrit de l’animosité et de la rancoeur envers un membre de sa famille.
Cheikh Youssouf El Qaradaoui
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com