... Plus le dinar demeurera tributaire des principales devises, plus le pouvoir d'achat des Algériens sera assujetti à la bonne santé des économies étrangères. Ainsi, la valeur et la cotation du dinar sont tributaires du système monétaire international sur le change des devises, qui ne sont plus étalonnées sur l'or, mais plutôt sur un coefficient de pondération basé sur le volume des échanges extérieurs, et sur le PIB, ce qui revient à faire la jonction avec le pouvoir d'achat des Algériens se trouvant largement assujetti aux cotations boursières des matières premières ainsi qu'aux cours fluctuants des principales devises. La persistance de la valeur de la monnaie nationale, gage de confiance, est de ce fait affectée.
Calculer avec précision la valeur de la monnaie nationale à un moment donné dans le temps relèverait de l'impossible, si vous êtes acculé à trouver la parité avec les autres devises constituant les monnaies fortes, d'autant moins aisé s'il s'agit de monnaies dites « faibles ». Le dinar est classé dans la catégorie des monnaies non convertibles faibles n'ayant cours dans le marché intérieur comme instrument de payement. Le commerce extérieur du pays se fait selon un taux de change officiel convenu sur la base d'un panier de monnaies dont la valeur est reconnue internationalement par les marchés de change. Les devises se caractérisent par leur stabilité et leur solidité, bien que des fluctuations composant ce panier soient en mesure de jouer un rôle important en matière de gains ou de pertes dans les transactions commerciales. Néanmoins, ces fluctuations épisodiques ont une influence certaine sur le cours du dinar algérien. Le taux de change officiel en cours en 2011 est de 100 dinars pour 0,9808, alors qu'au change au marché noir de la devise : 1 £ peut atteindre 130 dinars. En désappointement pour les autorités monétaires, il se trouve que la Banque centrale d'Algérie a bien autorisé l'ouverture de bureaux de change pour les Algériens par la loi 90/10 du 14 avril 1990 tentant de contrôler cette activité considérée comme une résolution de l'économie de bazar à 'uvrer avec les risques liés à la fonction, plutôt que dans un cadre légal. Le taux officiel oscille selon les années de 90 à 110 dinars pour 1£. Nonobstant l'aspect de la fuite des capitaux libellés en devises destinée à l'investissement à l'étranger, il conviendrait de rappeler que le dinar algérien historiquement détiendrait son appellation de l'époque qui avait vu le Calife Abd El Malik simultanément à la propagation de la foi Islamique en 670 ap JC dans l'ensemble du pourtour méditerranéen imposer dans toutes les transactions commerciales l'étalon or. Cette époque coïncide avec la déliquescence de l'Empire romain et sa monnaie, ainsi qu'avec la faiblesse de Byzance. La rapidité de la conquête musulmane a été qualifiée par les historiens de foudroyante. Les Arabes n'avaient qu'une seule exigence portant sur l'impôt. Mais la grande révolution était dans le traitement des populations soumises qui devaient en échange de la liberté de culte poursuivre les activités économiques. A la différence des Romains qui les traitaient comme des barbares sinon des esclaves, les musulmans les considéraient comme non musulmans. Aussi existait-il un moyen fort simple d'échapper à l'impôt, il suffisait de se convertir à l'Islam. Le dinar hérita du système monétaire le « solidus » pesant 4,54g. La pénurie du métal précieux en Europe permit aux Arabes grâce aux abondants gisements du Soudan d'imposer le dinar comme devise unique et comme monnaie de référence dans le monde entier. Les monarques européens durent se contenter de copies, car il était plus que vraisemblable que le dinar soit contrefait par les autorités monétaires de l'Occident. La papauté exigeait que le cens des monastères lui soit payé en or, et donc en dinars. Le dinar devint si familier aux Anglo-Saxons qu'ils en firent l'unité de poids usuel du métal-or. L'extravagance pour la papauté et les monarchies, c'est que le dinar était une devise frappée par des citations coraniques des deux côtés de la pièce*. Le dynamisme des musulmans les poussa jusqu'à inventer le système bancaire tel que nous le connaissons aujourd'hui, et à contrôler le commerce d'Afrique jusqu'au fin fond de l'Asie en passant par l'Europe. L'interdiction de l'intérêt et par extension de l'usuraire par la foi musulmane fit que les fonctions bancaires avaient été confiées aux juifs. La dégénérescence de la civilisation musulmane serait d'avoir négligé la puissance de l'argent dans les rapports entre nations ; notion qui trouvera toute sa plénitude au XXe siècle. Le dinar algérien dont l'appellation remonte au Calife Abd El Malik avait remplacé le nouveau franc algérien en 1964, Le franc algérien était calculé à parité parfaite avec le franc français jusqu'à la nationalisation des banques en 1966 et sa disparition en 1970, qui verra le dinar le remplacer. Depuis, le dinar algérien s'imposa dans toutes les transactions commerciales à l'intérieur du pays. Le traiding extérieur se matérialisera globalement en euros pour les importations, et en dollars pour les exportations. Le dinar algérien subissant plusieurs dévaluations à la suite d'inflations importantes survenues depuis les années 1980 perdra de sa valeur marchande, surtout depuis la banqueroute des années 1990 qui avait vu le FMI imposer à l'Algérie des plans structurels draconiens pour stabiliser son économie pour qu'elle puisse retrouver le chemin de la croissance. Malgré une appréciable dynamique économique de l'agriculture pour satisfaire la consommation intérieure avec une croissance de 1,9%, le relèvement de la production de 1 à 1, 450 millions de barils/jour, une augmentation du prix du pétrole oscillant entre 70$ et 110$ en moyenne, et la libération de son économie d'après la loi 02/01 du 5 février 2002 qui voit la croissance des secteurs du bâtiment et des travaux publics afficher + de 7,1% suivie par les services avec +5,6%, il convient de préciser que le régime de change du dinar demeure encore flou étant donné que notre monnaie aurait encore subi ces derniers mois une autre dévaluation. De la parité fixe ayant caractérisé la période 64/70 qui donnait 1 Dinar pour 1 Franc Français, notre monnaie avait été rattachée à un panier de devises qui détermine sa valeur à compter de 1971 et ce jusqu'en 1987 sur la base de coefficient de pondération basé sur les échanges extérieurs. Résultat : 1 dinar en 1980 ne valait plus que 0,62 FRF. La libération de l'économie se substituant à une économie dirigée strictement centralisée coïncida avec les années noires qui mirent à mal le dinar pour le réduire à sa plus simple expression en 1991. Une dépréciation de l'ordre de 10% par an depuis 1988 par rapport au dollar jusqu'en 1994 fixant une parité de 30 dinars pour 1 $, alors que celle-ci était en 1987 de 5 dinars pour 1$. De nos jours, le change est d'environ 74 dinars pour 1 $, et de plus de 100 dinars /1£. Le calcul de la pondération des deux variations représentant les deux devises apparaissant à l'import et à l'export détermine la valeur du dinar. Cependant, quoique les cours du change soient considérés comme libres, que la valeur du dinar fluctue au gré de l'offre et de la demande, puis du volume du commerce extérieur, pour le citoyen algérien, cela n'a aucune incidence positive visible sur l'amélioration de son pouvoir d'achat. Le dinar apparaît comme une monnaie intérieure insensible aux fluctuations des devises étrangères, sauf si l'inflation des produits importés est facturée aux consommateurs. Lorsque le dinar gagne des galons sur le marché monétaire, comme la plupart des monnaies non convertibles, c'est l'Etat seul qui encaissera les plus-value. Si le dinar perd au change, le consommateur est tout de suite mis à contribution pour payer la hausse frappant le produit, puis la différence sur la taxe de la valeur ajoutée. Ainsi, la valeur et la cotation du dinar sont tributaires des principales devises, Ainsi, la valeur et la cotation du dinar sont tributaires du système monétaire international sur le change des devises, qui ne sont plus étalonnées sur l'or, mais plutôt sur un coefficient de pondération basé sur le volume des échanges extérieurs, et sur le PIB, ce qui revient à faire la jonction avec le pouvoir d'achat des Algériens se trouvant largement assujetti aux cotations boursières des matières premières ainsi qu'aux cours fluctuants des principales devises. La persistance de la valeur de la monnaie nationale, gage de confiance, est de ce fait empruntée. L'étalonnage sur l'or de la monnaie nationale ne se fait plus. Ce sont donc les variations bilatérales des deux devises que sont l'euro et le dollar qui déterminent la valeur du dinar par leur pondération dans un panier de devises d'échange. Se pose dès lors la question de la richesse qu'est présumée avoir une monnaie en valeur réelle.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amar Khelifi
Source : www.lnr-dz.com