Si tous les enfants ont droit à l'école et que l'article 53 de la Constitution consacre la garantie du droit à l'enseignement, sa gratuité et le caractère obligatoire, cette vérité n'est que théorique, puisque la plupart des parents d'enfants autistes, trisomiques ou atteints d'infirmité motrice cérébrale vivent ce problème au quotidien.À l'occasion de la Journée internationale des enfants autistes, célébrée tous les 2 avril de chaque année, une journée d'étude et de sensibilisation sur l'autisme a été organisée en fin de semaine dernière à la bibliothèque centrale de l'université Oran 1 Ahmed-Ben Bella.
L'occasion a été saisie pour débattre des différents problèmes dont souffrent les parents dans la prise en charge de leurs enfants autistes. Parmi ces problèmes, celui récurrent du manque de centres spécialisés dans la prise en charge de ces enfants, ainsi que l'absence d'un dépistage précoce de l'autisme afin de leur assurer un accompagnement approprié. Pour les spécialistes, les possibilités de diagnostic et de prise en charge des autistes restent insuffisantes, et cette situation impacte négativement le sort de nombreux enfants qui ne peuvent pas recevoir de diagnostic précis ni de soins et services adéquats. Aussi, l'un des plus grands écueils que rencontrent ces parents reste la scolarisation de leurs enfants autistes, alors que la majorité des établissements scolaires refuse de les accueillir. Si tous les enfants ont droit à l'école et que l'article 53 de la Constitution consacre la garantie du droit à l'enseignement, sa gratuité et le caractère obligatoire de l'enseignement fondamental, cette vérité n'est que théorique, puisque la plupart des parents d'enfants autistes, trisomiques ou atteints d'infirmité motrice cérébrale vivent au quotidien ce problème qu'ils qualifient d'insurmontable. La situation à Oran ne diffère pas de celle du reste du pays, et les parents font face au refus des écoles de scolariser leurs enfants même en présence d'un auxiliaire de vie qu'ils s'engagent à payer de leur propre poche.
Le témoignage d'une mère de famille, dont l'enfant de 8 ans est autiste, renseigne sur cette difficulté à lui trouver un banc d'école. "En dehors d'un établissement privé à Oran-Est nécessitant des moyens financiers importants qui ne sont pas à la portée de toutes les familles, il n'existe aucune alternative à mon problème", affirme-t-elle. "Si le droit de ces enfants pour une scolarité est garanti par les textes, il en est autrement sur le terrain", avoue Samir, père d'un enfant autiste de 12 ans, qui met en avant la complexité de la chose en face d'une inadaptation du système éducatif avec cette donne et la difficulté de disposer d'un auxiliaire de vie scolaire, indispensable au suivi des enfants handicapés en milieu scolaire ordinaire. À ce sujet, et en octobre 2020, un communiqué de presse est publié par des parents d'enfants autistes réclamant le droit à la scolarisation de leurs enfants.
Cette publication rappelle qu'en dépit des textes de loi existants, "des milliers de familles algériennes qui comportent en leur sein un (ou des) enfant(s) autiste(s) sont incapables d'inclure leurs enfants dans le système scolaire algérien sous ses deux facettes publique et privée". Ces citoyens soutiennent qu'il est temps que toute discrimination liée à quelque handicap que ce soit ne soit plus admise par les écoles de la République et que l'Etat assure des éducateurs et auxiliaires de vie scolaire spécialisés et formés pour accompagner les enfants autistes dans leur parcours scolaire.
SAID OUSSAD
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Said OUSSAD
Source : www.liberte-algerie.com