Oran - Revue de Presse

Le dialogue interreligieux aspect décisif pour l’avenir



Le dialogue interreligieux aspect décisif pour l’avenir Que dit l’Islam sur la question du dialogue et du droit à la différence? La majorité des 6200 versets coraniques a trait à la question de la différence, de la pluralité, de l’ouverture, à la relation avec la nature, le monde, le cosmos et l’humanité en tant qu’ils sont considérés comme des signes multiples de la création du Vrai. «Méditez, observez Nos signes (…) Nous avons créé tout cela en vérité», précise le Coran. La pratique de l’interconnaissance comme objet de l’existence, la prise de conscience que l’exister se présente à nous sous la forme du Mystère et du rapport unité-pluralité, voilà qui est conforté par de nombreuses orientations majeures qui résonnent profondément dans la mémoire des musulmans. Ainsi: «Ne dialoguer avec les gens du Livre que de la plus belle sorte.» Dans cette perspective, la relation avec l’étranger devrait être marquée, comme le dit le Coran, par les signes de l’échange, de l’hospitalité et de la paix: «Les adorateurs du Tout Miséricordieux sont ceux qui vont par la terre modestement; et si des étrangers les interpellent, ils disent: Paix.». Le Coran précise: «Il ne t’appartient pas de juger de leurs intentions, comme il ne leur appartient pas de juger les tiennes; (…) doux, humain, enclin à l’indulgence, adresse-toi à eux avec douceur.» Un célèbre dire authentique du Prophète (hadith) exprime avec éclat et concision sa position sur la question de la différence: «La différence/divergence est une miséricorde», dit-il, ce qui signifie qu’elle est un axe clef du projet de Dieu pour l’humanité. : «C’est ainsi que Nous mettons à l’épreuve les gens: les uns par les autres.» À la question «Quel est le meilleur musulman?», rapporte Tabari, le Prophète a répondu: «Celui qui ne fait de tort à personne, proche ou étranger, ni par ses paroles ni par ses actes, car l’injuste est celui qui a deux faces, l’une pour ses proches, l’autre pour les étrangers, ou qui arrivera au jour du jugement dernier avec prière rituelle, jeûne, aumône, mais qui aura calomnié et violenté l’étranger.». L’ouverture sur l’autre, l’étranger est au centre de la définition coranique : «La conduite vraie ne consiste pas à tourner votre tête vers le levant ou le couchant. Mais la piété consiste à croire en Dieu, au jour dernier, aux anges, à l’Écrit, aux prophètes; à donner aux miséreux, aux étrangers, fils du chemin, (…) à accomplir la prière, à acquitter le don de la purification, à remplir les pactes une fois conclus, à prendre patience dans la souffrance et l’adversité, au moment du malheur: ceux-là sont les véridiques, ce sont ceux qui se prémunissent.» En traducteur fidèle, le Prophète résume de son côté la définition du vrai croyant en une formule majeure: «Aucun de vous ne sera vraiment croyant, tant qu’il n’aime pas pour son frère ce qu’il aime pour lui-même.» Le frère, ici, est à comprendre, nous disent la plupart des commentateurs, comme étant le frère humain, non pas seulement le frère dans la religion. La coexistence est naturelle, nous dit le Coran: «La terre est assez vaste pour vous tous.» Point de différence entre un Arabe et un non Arabe, aimait à rappeler, de son côté, le Prophète. Toute atteinte à l’existence, à la sécurité, à la dignité de l’autre est anti-islamique. Toute discrimination raciale, ethnique, linguistique, religieuse ou autre, constitue, aux yeux de l’Islam, une attitude immorale, illégitime et illégale. La non-violence doit être recherchée à tous les niveaux du comportement, à commencer par celui du discours, sauf dans le cas de légitime défense dont la tâche incombe à l’Etat. De par le caractère sacré de la vie, l’Islam ne perçoit jamais l’autre, ce même et ce différent, comme un être amoindri. Face à l’adversité, à la rivalité, aux tensions relationnelles, le Message révélé recommande à chacun des croyants de patienter, de pardonner: «Cela répond vraiment, dit-Il, à l’exigence morale.» Lorsque le Coran s’adresse au détenteur de l’autorité, il est permis, dit-Il, de se défendre, à condition de respecter les non-belligérants et de ne jamais s’inscrire dans la haine. Le Coran oriente les musulmans vers l’ouverture, l’affirmation de la reconnaissance, du rappel, la confirmation des Messages antérieurs dans le cadre de l’histoire du Salut monothéiste: «Ceux qui croient, ceux qui suivent le judaïsme et les chrétiens, quiconque croit en Dieu et, au jour dernier, effectue l’œuvre salutaire, ceux-là trouveront leur récompense auprès de leur Seigneur. Ils n’ont pas de craintes à nourrir, et ils n’éprouveront nul regret.» Etre pieux, c’est rester fidèle à l’Ouvert; la meilleure manière d’exprimer cette fidélité, c’est de pratiquer l’ouverture comme expression de l’existence. Il n’y a pas d’exclusivité de la vérité; il est prescrit aux musulmans de dire: «Nous croyons à la descente sur nous opérée, sur vous opérée, notre Dieu ne fait qu’Un avec le vôtre. À Lui nous nous soumettons.» La foi est définie, avec clarté, selon les catégories concrètes de la justice et du pardon dans le vivre ensemble: «Comment te faire comprendre ce qu’est la foi? C’est libérer les prisonniers, libérer l’esclave, nourrir les pauvres, un orphelin ou un étranger et, de plus, être de ceux qui croient, se recommandent mutuellement la patience, la compassion et le pardon. Ceux-là sont les compagnons du côté faste.» Mustapha Cherif
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