
- Le ministre de l'Energie de la fédération de Russie vient d'annoncer que Moscou était prêt à discuter d'une fourchette des prix et d'une réduction de la production de pétrole. C'est une position assez inédite. Qu'est-ce qui motive la décision de la Russie à l'égard des pays de l'Opep 'De façon générale, derrière toute démarche, il faut chercher l'intérêt national. C'est justement le cas. De plus, il faut faire face ensemble aux défis communs. C'est clair pour tout le monde. Le problème est de trouver comment accorder nos violons. Cela nécessite un travail minutieux, mais nous progressons dans cette voie.- Il est convenu que la chute des cours du brut affecte les économies des pays exportateurs de pétrole et la Russie n'y échappe pas. Son PIB a d'ailleurs baissé de plus de 4% au 3e trimestre. Y a-t-il de sérieuses craintes pour l'avenir de l'économie russe 'Notre économie est suffisamment diversifiée pour tenir le coup. D'autres instruments de croissance peuvent être utilisés pour compenser le recul provisoire actuel, notamment les investissements productifs publics. D'ailleurs, selon les prévisions du gouvernement, il y aura une reprise du PIB dans une année. La tendance baissière concernant la Russie est passagère, tous les experts sont d'accord sur cela, même ceux du FMI.- De nombreux pays exportateurs de pétrole anticipent déjà l'arrivée d'importantes quantités sur le marché avec la levée des sanctions sur l'Iran, la montée en puissance progressive de l'Irak et un possible retour de la Libye. Quel est votre avis sur la question et anticipe-t-on ces nouveaux facteurs à Moscou 'Ces facteurs sont pris en compte depuis longtemps, car ils étaient prévisibles. Il s'agit d'adapter les stratégies de développement du secteur aux changements qui sont en train de voir le jour dans le monde. Cette tâche est à notre portée. Naturellement, il y aura des difficultés à surmonter. Mais il ne faut pas les exagérer. Soyons sereins.- Rosneft se fait titiller par certains producteurs sur ses marchés traditionnels, comme l'Arabie Saoudite en Pologne et l'Azerbaïdjan en Hongrie. Igor Setchine, directeur général de Rosneft, estime que Riyad pratique résolument le dumping. Quel est la position de la Russie sur la question ' Cela risque-t-il d'affecter le dialogue avec l'Opep 'L'économie de marché est régie par la concurrence ; l'essentiel, pour nous, c'est qu'elle ne soit pas déloyale. Le dialogue avec l'OPEP est axé sur des questions beaucoup plus fondamentales que la répartition des parts de marché. Assurer l'équilibre entre l'offre et la demande dans le cadre global pour satisfaire les producteurs et les consommateurs, c'est cela le souci majeur.- La Russie souhaite-t-elle établir un dialogue durable avec l'Opep et d'autres producteurs hors Opep 'Le dialogue se poursuit depuis longtemps d'une façon ou d'une autre. Il est évident que les producteurs de pétrole ne peuvent pas s'ignorer. Mais chaque pays est souverain de décider par quels moyens il lui convient de défendre ses propres intérêts, quelle tactique utiliser.Cependant, il y a toujours une possibilité de trouver un terrain d'entente.- En ce qui concerne le marché gazier, la Russie vient d'adopter le troisième paquet énergétique européen. Ne serait-ce pas pour Gazprom une manière d'anticiper l'arrivée de nouveaux producteurs de GNL, à leur tête le gaz de schiste américain, sur le marché européen 'Le gaz de schiste sera naturellement un élément de premier ordre pour l'industrie du gaz dans les années à venir. Donc il faut s'accommoder à ce qu'il trouve sa place dans les échanges internationaux. Mais il ne faut pas oublier que le gaz traditionnel a ses avantages, notamment son prix de revient. En plus, le monde se développe, il a besoin davantage d'hydrocarbures, donc chacun est en mesure d'en tirer profit à condition de prendre des décisions appropriées.- Est-ce que cela va affecter la coopération entre Gazprom et Sonatrach 'Cette coopération est soutenue par la volonté mutuelle des dirigeants de nos pays de promouvoir le partenariat multidimensionnel stratégique entre l'Algérie et la Russie. Ainsi, l'interaction existante ne doit pas souffrir. Au contraire, il est question de l'approfondir.- Justement, depuis la signature d'un mémorandum d'entente en 2006, où en est cette coopération 'Elle est au beau fixe. Sur le plan concret, pour ne citer qu'un exemple, les deux parties continuent à remplir leurs engagements contractuels concernant le contrat de prospection et d'exploitation des hydrocarbures sur le périmètre d'El Assel. De plus, un mémorandum est en vigueur entre les ministères de l'Energie et des contacts entre les représentants du secteur sont fréquents à différents niveaux.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Roumadi Melissa
Source : www.elwatan.com