L'acteur égyptien Samih Es Sirati
L'acteur égyptien, Samih Es Sirati, est allé jusqu'à dire que «l'Egypte est prête à soutenir la production des films algériens si le dialogue est accessible aux égyptiens».
L'Egypte, par le biais de ses cinéastes, en particulier ceux présents à Oran à l'occasion de la 6e édition du Festival d'Oran du film arabe, Fofa, est-elle réfractaire au support de communication utilisé dans les dialogues dans les films algériens' Tout porte à le croire au regard de plusieurs aveux des artistes égyptiens versant dans le même sens. En d'autres termes, le dialecte algérien n'est pas compréhensible en Egypte. Plusieurs de ces derniers, qui continuent dans la dénégation des autres cultures pleines d'orgueil ambitionnent de voir le cinéma algérien tourner en dialecte égyptien. Dans les idées qu'ils ont défendues à Oran, certains hommes de cinéma ont avancé plusieurs thèses dont certaines alléchantes. Ainsi, dans la conférence de presse qu'il a animée, lundi soir, l'acteur égyptien, Samih Es Sirati, qui a affirmé que les Algériens se sont délectés avec le dialecte égyptien jusqu'à en être rassasiés pendant plusieurs décennies, est allé jusqu'à dire que «l'Egypte est prête à soutenir la production des films algériens si le dialogue est accessible aux citoyens égyptiens». Une telle déclaration laisse supposer que l'Egypte, par le biais de ses artistes, pose des préalables devant être pris en compte par les hommes de cinéma algériens désirant exporter leurs produits cinématographiques vers le pays de la civilisation de 7 000 ans, l'Egypte. De tels aveux sont-ils révélateurs d'une éventuelle animosité nourrie par des artistes égyptiens vis-à-vis de la culture et des civilisations algériennes, qui remontent à plusieurs millénaires' Ou bien, constituent-ils une forme de rejet pur et simple de l'arabe dialectal algérien' La problématique repose, sans aucun doute, sur l'ouverture de l'Algérie et les préférences de la majorité des Algériens pour des cultures occidentales créant une certaine agitation chez ces Egyptiens. Heureusement pas tous, fervents adeptes du baathistisme dans toutes ses composantes. Ce penchant délibéré affiché par les Algériens ne fait pas le bonheur desdits Egyptiens. Samih Es Sirati, l'a dit clairement et explicitement à l'occasion de la rencontre avec les journalistes. Résumant le fond de sa pensée, il dira. «Nous sommes prêts à soutenir la culture algérienne et non la culture occidentale». Sur un autre registre, les déchirements, nés des suites de la révolte des égyptiens contre le système de Moubarak, continuent à diviser les artistes Egyptiens. Le fossé séparant les uns des autres s'élargit à la faveur des événements qui secouent l'Egypte. Le front de défense des créations, cet organisme mis en place par les artistes égyptiens aux fins de défendre leurs idéaux, est assurément sérieusement ébranlé, vu les positions politiques des uns qui ne collent pas avec celles des autres. Samih Es Sirati dira en ce sens que «les positions des artistes égyptiens ne sont pas différentes quand il s'agit de la dénonciation du système». Et d'ajouter que «la finalité communément recherchée est de créer un avenir artistique meilleur». La nébuleuse intégriste et l'offensive opérée ces derniers jours par les Frères musulmans ne semblent pas effrayer les artistes de l'Egypte. «Nous n'avons peur de rien étant donné que nous sommes en train de construire notre avenir», a affirmé Samih Es Sirati, ajoutant qu'«il n'y a aucune frange (allusion faite aux Frères musulmans Ndlr) ne peut s'imposer l'autre». Dans ce chapitre bien précis, Samih Es Sirati a indiqué «le nombre de votants à leur faveur est en déclin». La censure, cet épée de Damoclès, qui risque d'être instaurée en Egypte ne semble pas constituer l'une des premières priorités des artistes égyptiens. L'acteur égyptien, Samih Es-Sirati, tout en étant rassuré, met en garde en menaçant de recourir à des actions de rue en cas de menace contre les libertés. «Nous ne craignons pas la censure étant donné que la révolution se poursuivra dans l'éventualité d'une atteinte aux libertés».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Wahib AiT OUAKLI
Source : www.lexpressiondz.com