Le directeur général par intérim de la Société des détergents de l'Oranie, filiale de l'ENAD, a lancé hier un appel aux pouvoirs publics, à leur tête le président de la République, afin de faire sortir l'entreprise de la crise financière dont les retombées sur les travailleurs sont catastrophiques. Ces derniers n'ont pas perçu leurs salaires depuis plusieurs mois, en raison d'un déficit budgétaire de l'ordre de 100 millions de dinars. «En fait, il s'agit d'un cumul depuis 1998», précise le DG intérimaire, M. Bouabdellah. «Nous sollicitons l'aide du président de la République, qui s'est engagé à aider les entreprises publiques, ainsi que celle de la SGP en vue de nous sortir de cette situation, d'autant que notre masse salariale n'est pas importante (l'effectif est d'une cinquantaine d'employés, ndlr)», a affirmé le responsable. Il signale qu'une créance, dont le montant s'élève à 20 millions de dinars, est en voie de recouvrement. «C'est en bonne voie», note le responsable qui souligne que cette somme permettra à la direction de verser les salaires impayés des travailleurs et d'acheter la matière première qui connaît une forte tension sur le marché.A la question de savoir si la situation financière actuelle menaçait l'existence même de l'entreprise, le DG s'est voulu rassurant. «Il n'y a pas de risque pour l'entreprise. Nos produits sont de bonne qualité et se vendent bien. En revanche, nous ne pouvons acheter la matière première en raison du manque d'argent», relève-t-il. M. Bouabdellah a annoncé qu'un Conseil d'administration devra se tenir au courant de cette semaine en vue de sortir avec un «plan de sauvetage».Par ailleurs, suite à l'article publié lundi dernier dans les colonnes de la Tribune, et en réaction aux propos du Directeur général, les travailleurs ont adressé à la rédaction des clarifications. S'agissant des avances sur salaires (25 000 DA) que la direction a consenties pour les employés la veille de l'Aïd El Fitr, les travailleurs précisent que ces avances n'ont été possibles que grâce à la vente «en espèces», à Oran, d'un produit fabriqué par l'entreprise. Le 25 août dernier, des représentants des travailleurs se sont réunis avec la direction, une rencontre sanctionnée par un PV de réunion dont notre journal détient une copie. L'ordre du jour a notamment porté sur l'octroi d'une avance sur salaire de 20 000 DA pour chaque travailleur, remboursable sur trois mois à partir du mois d'août.Il a aussi été question d'une avance sur salaire de 15 000 DA au profit des travailleurs recrutés dans le cadre du Dispositif d'aide à l'insertion professionnelle (Daip). Chose qu'a confirmée le DG intérimaire de la Sodeor-Enad, qui a aussi précisé que l'argent en question devait aller directement dans le compte de la banque. Le responsable a aussi confirmé qu'il touchait un salaire mensuel de la part de la Sidet de Sour El Ghozlane, comme souligné par les travailleurs, et ce, en sa qualité d'assistant du directeur. Il précise qu'il ne perçoit pas son salaire de DG intérimaire de la Sodeor depuis sa nomination à la tête de la filiale. Les travailleurs dénoncent, d'autre part, la décision portant défalcation de trois jours pour l'ensemble des travailleurs qui ont observé durant 3 jours (12, 13 et 14 septembre) une grève de la faim assortie d'un arrêt de travail en vue d'attirer l'attention sur leur cas. Pour la section syndicale, le responsable ne fait que jeter de l'huile sur le feu. Ce que le concerné nie en bloc. «Il n'y a pas eu défalcation puisque le salaire du mois en cours n'a pas encore été établi. Il faudra attendre le 1er octobre. En revanche, conformément à la loi, j'ai signalé à la direction du groupe cette absence», a indiqué le responsable, qui a demandé aux travailleurs de motiver cette absence. S'agissant du cas du syndicaliste suspendu depuis 4 mois et dont les travailleurs réclament la réhabilitation, le DG par intérim de la Sodeor maintient sa décision de suspendre l'employé pour des raisons disciplinaires. «Il m'a manqué de respect devant témoins, l'affaire est en pénal. L'employé est suspendu jusqu'à ce qu'il passe en commission de discipline.»
Y. D.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Younès Djama
Source : www.latribune-online.com