L'opinion nationale est invitée à comprendre que les deux partis au pouvoir ont pris la résolution de mettre en veilleuse leurs différends.Le climat politique dans la majorité au pouvoir a tendance à virer au vert. Ainsi, après quelques échanges de «petites phrases» et quelques gestes interprétés ici et là comme autant de signes que les choses ne vont pas très bien entre les deux piliers du pouvoir politique, les leaders du FLN, comme du RND, reviennent à une posture très «fraternelle» où l'on sent une volonté d'apaisement après quelques tensions que l'un et l'autre mettent sur le compte de la concurrence électorale, somme toute naturelle.
Ainsi, si Ahmed Ouyahia a clairement mis en exergue le caractère stratégique de l'alliance qui unit son parti au FLN, Djamel Ould Abbès a tout aussi distinctement reconnu au secrétaire général du RND son statut de Premier ministre, désigné par le président de la République. En l'espèce, le secrétaire général du FLN rejoint implicitement son allié et patron du RND, lorsque ce dernier avait affirmé que le président de la République l'avait nommé et pouvait le démettre à tout moment. Cela pour dire que le seul premier responsable de l'Etat ou de l'appareil politique reste Abdelaziz Bouteflika. A partir d'Oran, où il a installé la commission partisane chargée de recenser les réalisations du pays les 20 dernières années, Djamel Ould Abbès a choisi de «calmer le jeu» sur le flane du partenariat public-privé.
Réfutant les commentaires de la presse et autres milieux politiciens sur son attitude vis-à-vis de la Charte pour le partenariat public-privé signée par le gouvernement, l'Ugta et le patronat, le secrétaire général du FLN a nié que la réunion quelques jours plus tard au siège de son parti avec l'Ugta et le patronat, ne signifiait pas un désaveu du Premier ministre.
Le patron du plus vieux parti du pays a mis son initiative sur le compte d'une simple volonté de confirmation de l'option choisie par le gouvernement. «Lorsque nous avons eu la certitude que le secteur public stratégique ne sera pas touché, nous n'avons pas trouvé d'objection». Il y a peut-être une petite imprudence dans ce propos, mais dans l'ensemble, l'opinion nationale est invitée à comprendre que le FLN n'a aucunement l'intention de se mettre en travers du projet tel qu'il a été mis en oeuvre par la tripartite gouvernement-Ugta-patronat.
Cette sortie tient lieu de «quitus» formel du parti majoritaire quant au soutien qu'il apporte à la démarche du gouvernement sur un aspect très sensible, faut-il le souligner, de son plan d'action. Mais au- delà de cet «exemple» sorti par le patron du FLN pour expliquer la nouvelle donne au sein du pouvoir politique, c'est toute la démarche de la majorité présidentielle qui semble prendre le chemin de la sérénité dans le discours et l'action. Pour les 15 mois qui nous séparent de l'élection présidentielle, l'option retenue serait donc de taire les voix discordantes et de se concentrer sur l'essentiel qui peut être le déploiement effectif du partenariat public-privé. Tout aussi important aussi, il y a la gestion de la grogne de nombreux corps de métier, susceptible de faire tache d'huile et créer un climat pas très opportun pour un rendez-vous politique majeur.
En un mot comme en mille, les deux partis au pouvoir ont visiblement pris la résolution de mettre en veilleuse leurs différends pour donner d'eux l'image d'une majorité présidentielle stable et cohérente.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Saïd BOUCETTA
Source : www.lexpressiondz.com