De notre envoyé spécial à Frankfort
Ziad Abdelhadi
A l'entrée du site de la quatrième place industrielle mondiale, et où sont implantées 50 grandes entreprises allemandes, qui occupent au total une superficie de 2,2 kilomètres carrés, c'est le contrôle strict des invités. Vérification des noms de chacun des journalistes, l'interdiction d'utiliser les appareils photos. Une photographe du groupe Sanofi a été dépêchée pour cela. Après quoi nous nous dirigeons tout droit au premier point inscrit au programme de notre visite, tous impressionnés, au passage, par la facilité à se déplacer dans ces lieux, car les carrefours étant gérés par des feux tricolores et les plaques d'orientation en nombre suffisant. C'est l'édifice qui a abrité les premiers ateliers de l'entreprise pharmaceutique Hoechst, construits en 1863, qui nous ouvre ses portes. Dans une grande salle, où le décor d'époque est resté tel quel, le Dr Christophe Heinemann, vice-président stratégie et gestion du portefeuille, à la division diabète auprès du groupe Sanofi, gratifie les journalistes d'un exposé détaillé de l'histoire du groupe, ses grandes découvertes et sur les divers étapes de production de l'insuline, ainsi que d'autres éléments relatifs à l'organisation au sein du complexe. Il indiquera que «Sanofi emploie 8 000 personnes, dont plus du tiers travaille sur la zone industrielle». Il n'omettra pas de rappeler au passage que Sanofi à racheter en 2009 les installations de production d'insuline des laboratoires Pfizer «afin d'augmenter nos capacités de production d'insuline sous toute ses variantes et pour que l'usine de Francfort devienne le plus grand centre de production d'insuline au monde. Ce qui a été réalisé puisque nous approvisionnons à partir des usines de Frankfort 85 pays en insuline sous deux variantes : ampoules et stylos», a affirmé Heineman. Ce dernier a par ailleurs signalé que Sanofi a aussi investi en dix ans, à Francfort, plus d'un milliard d'euros en infrastructures et équipements. Ce que d'ailleurs nous avons constatés de visu sur toutes les zones de l'usine d'insuline visités.
La zone H 500 où la robotique est omniprésente
Deuxième point visité : la zone où est conditionnée, sous forme de stylo, l'insuline et qui a pour nom le Solostar. Dans cette partie de l'usine de Sanofi, entrée en production en 2004, la production est de 400 stylos à la minute à travers 4 chaînes. En 2011, il a été produit 250 millions de stylos, alors que le responsable de la zone nous a avancé que les capacités de production des chaînes peuvent atteindre 280 à 300 millions de stylos Solarus. Ici, les opérateurs se comptent sur le bout des doigts. En effet dans les vastes salles où sont disposées les chaînes de production la présence humaine se fait rare. Et pour cause. On a recours aux systèmes électroniques de pointe et cela à toutes les étapes du process de conditionnement. À savoir le lavage et la stérilisation des cartouches en verre, leur remplissage par de l'insuline, son emboîtement dans le stylo et enfin le préemballage et les colis qui vont être acheminés aux pays destinataires. En bout de chaîne on peut croire que l'intervention d'un manutentionnaire est nécessaire, mais c'est un chariot transporteur sans conducteur qui effectue la tâche. Des chariots qui sillonnent les allées et dont la présence est signalée par de la musique. Dotés de senseurs optiques ils peuvent ainsi détecter un obstacle et, du coup, s'arrêter, a expliquer le responsable du H500. Ce dernier a tenu aussi à préciser que dans cette zone comme dans d'autres on mise beaucoup sur la robotique puisqu'elle permet de réduire le risque d'erreurs. En fait, dans cette zone il s'agit de s'assurer que le produit à destination des quatre coins du globe ne souffre d'aucun doute, c'est-à-dire d'une garantie absolue pour son utilisation par les patients malades du diabète.
Le H 600 : zone consacrée à la production d'ampoules 3 mm
C'est le même topo. La robotique est partout présente sous l''il vigilant de cellules sensitives qui scrutent au centimètre près le process de mise de l'insuline dans les ampoules, à des rythmes que seul un robot peut accomplir. Tout le cheminement du process est pressurisé et stérilisé. C'est-à-dire que le contact par les mains de l'insuline est quasi impossible. Et pour preuve tout le personnel sur place doit porter blouses et bérets. Quant au volet production, le responsable du site nous a fait savoir après nous avoir expliqué les différentes étapes de production, que dans cette zone sont produites 30 millions d'ampoules par an. Un chiffre appelé à croître dans la mesure où le nombre de personnes atteintes de diabète de type I et II ne cesse d'augmenter. En effet, près de 355 millions de personnes dans le monde sont atteintes de diabète de type1.L'incidence du diabète de type 2 augmente à un rythme alarmant. Plus de 310 millions de personnes dans le monde en sont aujourd'hui atteintes. «C'est pourquoi Sanofi diabète de Frankfort vise à augmenter sa production», nous a-t-on fait savoir, lors du dernier point de presse à la l'issue de la visite.
G 650 : Fief du Lantus
Ultime zone visitée : là où l'on fabrique de l'insuline Lantus (glargine), un analogue de l'insuline humaine d'action prolongée, leader sur le marché des insulines de marques (IMS, ventes 2010) Une avancée dans le domaine, car obtenue par recombinaison génétique in vitro à partir d'une cellule souche de la bactérie E-coli. «Un process extrêmement complexe et sensible», nous a expliqué le directeur du G 650. Pour le détail, ce dernier a expliqué : «Les bactéries multipliées sont détruites par un produit désinfectant qui rompe leur paroi cellulaire et d'où on extrait l'hormone insuline, sous forme de longues chaînes de protéines. Ces dernières sont ensuite pliées pour produire une insuline presque parfaite». Une autre étape intervient, celle-ci va, selon le responsable du site, consister à purifier les protéines via un processus chromatographique qui sépare les produits dérivés, plus connu dans le jargon des chercheurs sous le nom «insuline like». La poudre d'insuline purifiée issue de ce process est ensuite cristallisée pour être transformée en solution sèche, c'est à dire en poudre. A la question de savoir si ce process peut être mis en 'uvre ailleurs, c'est-à-dire exploité dans un autre pays, le responsable du site nous a dit «le groupe a certes mis en 'uvre une technologie de pointe, dont les exigences en matière de stérilité sont des plus difficiles à assurer, ce qui ne permet pas l'exportation de cette technologie pour l'instant». En d'autres termes l'insuline Lantus ne sera produite que dans l'usine de Frankfort.
Recherche et développement
Sur le site de l'usine de Francfort, ce ne sont pas moins de 1400 chercheurs qui tentent de trouver des solutions innovantes, intégrées et personnalisées. «Le fil conducteur étant une écoute attentive des patients diabétiques et l'engagement à leur côté de Sanofi», a soutenu le vice- président stratégie, à propos du volet recherche et développement, dans son intervention de clôture de la visite de l'usine de Sanofi à Frankfort. Il a aussi mis l'accent sur le nombre de projets d'investissement que compte réalisé le groupe Sanofi, dans les infrastructures de production et de distribution. Il a d'ores et déjà investi au cours de ces 5 dernières années près 80 millions d'euros et prévoit d'investir 120 millions dans les 5 prochaines années. En fin de visite de l'usine, les organisateurs ont eux la louable initiative d'inviter leurs hôtes journalistes à découvrir la ville d'histoire qu'est Francfort, avec ses célèbres Goethe et Gutenberg.
Z. A.
L'histoire de Sanofi
Sanofi est l'héritier d'une très longue histoire, qui s'illustre avec les grands progrès scientifiques des XIXe et XXe siècles et la notoriété des principaux laboratoires industriels qui ont marqué l'évolution de la chimie, de la pharmacie et de la médecine :En 1718, les laboratoires Midy sont créés par une famille de pharmaciens. En 1980, le groupe Clin Midy est racheté par Sanofi.Les laboratoires Dausse sont fondés en 1834 et les Laboratoires Robert & Carrière en 1901. Leur alliance donnera naissance, en 1970, au Groupe Synthélabo.En 1860 le pharmacien Etienne Poulenc, crée la société Wittmann et Poulenc Jeune. En 1910, le laboratoire Rorer voit le jour. La fusion des deux sociétés donnera naissance, en 1990, à Rhône-Poulenc Rorer.En 1863, un groupe de chimistes, de commerçants et d'ouvriers se lance dans la fabrication de colorants dans une petite usine située à l'ouest de la ville de Höchst, en Allemagne. C'est l'origine de la société Hoechst qui, par son alliance avec le laboratoire Roussel, fondé en 1911, donnera Hoechst Marion Roussel. En 1887, Marcel Mérieux, élève de Louis Pasteur, fonde l'Institut biologique Mérieux, qui deviendra en 2004 Sanofi Pasteur, la division vaccin du groupe Sanofi.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : La Tribune
Source : www.latribune-online.com