Oran - Revue de Presse

Le crédit est mort : où vont aller vos dinars



Le crédit est mort : où vont aller vos dinars
Avant l'argent, il y avait l'argent. Précédant l'arrivée du crédit massif à la consommation, le prêt à intérêts existait déjà.Les annonces du genre « prête 100 U » ou « cherche 100 U », où le U unité désignait pudiquement le million de centimes (10 000 dinars) pullulaient dans la presse. De l'usure en bonne et due forme avec des intérêts qui gravitaient autour de 20%, pratique illégale mais tolérée. A l'arrivée du crédit à la consommation officiel, ces annonces, ont disparu, comme les J5 de transport clandestin sur les axes reliant les grandes villes. La nature ayant horreur du vide, ces pratiques parallèles vont revenir tout comme elles sont parties. Avec des garanties, signature d'une reconnaissance de dette devant notaire, document qui sert à couvrir le prêteur et engager des poursuites judiciaires contre le mauvais payeur, sorte d'opération illégale légalisée. Car, les taux d'intérêts dans les crédits à la consommation restent très rentables ; si le loyer du prêt immobilier est fixé autour de 6,5% grâce aux compensations du Trésor public, et celui du prêt automobile autour de 15%, le taux du prêt à la consommation, basique opération qui consiste à donner de l'argent contre de l'argent, tournait autour de 20% dans les banques et il est fort probable qu'il va atteindre les 25% dans les circuits clandestins. Avec l'interdiction du crédit à la consommation, l'argent, nerf de la guerre, va se déplacer des banques vers les réseaux parallèles qui vont fonctionner de nouveau, échappant à tout contrôle et délestant l'Etat des taxes qui vont atterrir chez les notaires, tout comme la fermeture d'un bar engendre de nouvelles activités clandestines où l'Etat ne prélève plus un centime. On se rappelle de Mohamed Ali Kherroubi, boxeur de la finance qui était connu sur la place d'Oran en tant que usurier, activant illégalement dans le prêt aux particuliers et qui en a fait fortune. L'argent amassé, il a tout simplement ouvert une banque à la libéralisation du secteur, la BCIA, qui a d'ailleurs été dissoute après plusieurs scandales financiers. Aujourd'hui en fuite à l'étranger, va-t-il revenir pour profiter de cette nouvelle manne que vient d'offrir l'Etat à tous les usuriers clandestins ' On ne sait pas, mais l'argumentaire de l'Etat consiste officiellement à limiter l'endettement des ménages. Pourquoi alors effacer les dettes des agriculteurs et de l'Ansej et pas ceux des ménages, piliers de la classe moyenne et de la stabilité sociale ' Y a-t-il un pilote dans l'avion '
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