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Le Cread planche sur les problématiques de l'économie et du management



Le Cread planche sur les problématiques de l'économie et du management
A titre de contribution à l'élaboration de la troisième loi sur la recherche scientifique et le développement technologique qui sera mise en 'uvre à l'occasion du plan quinquennal 2013-2017, le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (DGRSDT), en collaboration avec le Centre de recherche en économie appliquée au développement (Cread), ont organisé, les 22 et 23 avril 2012 à l'hôtel Mazafran de Zéralda, les premières Assises de l'économie et du management.
Une centaine de chercheurs de différents grades (professeurs, directeurs de recherche, maîtres de conférence et maîtres de recherche) en provenance de plusieurs universités et centres de recherche du pays, ont pris part à cette rencontre qui a permis de faire un très large tour d'horizon sur l'état, peu reluisant, de la recherche en Algérie. En dépit des ressources financières considérables que l'Etat consent chaque année à ce secteur, ce dernier ne parvient toujours pas à trouver ses marques et, encore moins, à atteindre les objectifs que le pays est en droit d'attendre de lui.
Bien que soumises aux mêmes lois et règlements, les universités sont gérées différemment au gré du diktat de leurs bureaucrates, ce qui nuit gravement à l'essor de la recherche. Les procédures d'agrément de projets de recherches, leurs modes de financement, l'accès aux outils de travail (ordinateurs, connexion Internet, documentation, etc.) et autres fournitures indispensables, sont en effet si nombreuses et compliquées, d'une université à l'autre, que les ressources financières mobilisées peinent à être mises au service des projets de recherche programmés. Les disparités en matière de gouvernance de nos universités sont également perceptibles à travers le nombre de projets de recherche lancés par chacune d'elles. Autant certaines font preuve de dynamisme en lançant plusieurs projets ' cas des universités de Tlemcen, Biskra, Batna, Chlef et Oran ' autant d'autres se complaisent dans l'immobilisme en ne proposant pas un seul projet. Nos universités et centres de recherche n'ont, de ce fait, réussi à agréer au total que le nombre lamentablement bas de 111 projets de recherche.
Les projets en question, d'un coût médian d'à peine 3,5 millions de dinars sont, de surcroît, de faible envergure et ne sont encadrés que par seulement 4 à 5 chercheurs en moyenne, ce qui est évidemment insuffisant. Se pose également de façon dramatique la question du sous-encadrement chronique dont souffre le recherche en Algérie du fait du nombre réduit de chercheurs disponibles, de surcroît empêtrés dans d'inextricables problèmes d'enseignement à assurer au quotidien au profit de cohortes d'étudiants de plus en plus nombreuses et de la panoplie de nouvelles filières introduites par le système LMD.
Le mode de post-graduation archaïque qui prévaut dans certaines de nos universités a, par ailleurs, fait que
12 000 doctorants, pour certains inscrits depuis plus de 20 ans, ne parviennent pas à atteindre la graduation requise pour être affiliés à la pléthore de laboratoires nouvellement créés.
Ce sont autant d'encadreurs de projets de recherche en moins pour le pays. Coupées du monde de l'entreprise, les universités algériennes se complaisent à «faire de la recherche pour la recherche», a souligné à juste titre une universitaire qui recommande d'arrimer le plus tôt possible la recherche aux besoins des entreprises, comme cela se pratique dans tous les pays avancés. Le constat peu reluisant du secteur de la recherche scientifique ainsi fait, les participants aux assises se sont immédiatement penchés sur les actions à entreprendre pour remettre à flot la recherche, notamment dans les domaines de l'économie et du management.
Quels axes faudra-t-il développer pour les dix prochaines années ' Comment adapter la formation aux compétences et au marché de l'emploi ' Comment lever les entraves et dysfonctionnements qui bloquent l'essor de la recherche ' Quels besoins en ressources humaines, financières, infrastructurelles faut-il satisfaire en priorité ' Ce sont là autant de questions auxquels il faudra absolument trouver réponse, au risque de reléguer la recherche scientifique dans l'immobilisme.


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