Par Kader Bakou
Il n'y a qu'un exilé qui peut vraiment ressentir ce que ressent un autre exilé. La nostalgie et le mal du pays sont des sentiments indéfinissables, au-delà des appartenances religieuses ou ethniques.
Dans le film Le sel de la merd'Annemarie Jacir, une Américaine d'origine palestinienne revient au pays de ses ancêtres. A Ramallah, Soraya essaie de récupérer l'argent de son grand-père déposé avant 1948 dans une banque anglo-palestinienne qui existe toujours. Calculant les intérêts cumulés, elle estime que la banque lui doit un peu plus de 16 000 dollars américains. La banque par la voix de son directeur (un Palestinien) refuse de lui donner cet argent. Soraya a fait connaissance avec deux jeunes Palestiniens. Tous les trois vont braquer la banque, «voler» 16 000 dollars et se sauver de l'autre côté du «mur de Sharon». Se faire passer pour un Israélien, c'est facile : il suffit de porter la kippa, de coller une étoile de David sur sa voiture et de brancher sa radio sur une chaîne en hébreu. Soraya et ses amis palestiniens se promènent à Jérusalem et discutent en anglais avec des Israéliens, en se faisant eux-mêmes passer pour des juifs vivant aux Etats-Unis. Ils voient un oranger dans une villa. Se penchant au-dessus de la clôture, ils cueillent quelques oranges qu'ils dégustent sur place. Ce n'est pas du vol, car ils considèrent que cette terre est toujours la leur. A la fin de l'histoire, Soraya et Emad retraversent le mur de Sharon. Leur ami, lui, est resté à Tel Aviv et va se marier avec une jeune juive qui habite la villa des grands-parents de Soraya. Dans la voiture, il y a toujours les épluchures des oranges de Jérusalem. Annemarie Jacir est une Palestinienne qui vit en exil, en Jordanie. Il n'y a qu'un (e) exilé (e) qui pourra vraiment comprendre la valeur de ces simples épluchures d'orange du pays, chez Soraya et Emad !
K. B.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Le Soir d'Algérie
Source : www.lesoirdalgerie.com