Les marchés, les centres commerciaux, les plages... Tous les lieux à haute fréquentation humaine sont interdits d'accès jusqu'à nouvel ordre. C'est donc bien la preuve que ceux qui alertent sur la progression du coronavirus ne le font pas juste pour contrarier le citoyen. Le plus étonnant face à cette flambée d'interdictions, c'est que l'on ait attendu, autant, pour réagir. Comme s'il fallait d'abord s'assurer que le mal qui tue à tour de bras ne dérange pas trop le train-train quotidien. Jour après jour, la communauté médicale recense ses victimes et transmet les nouveaux chiffres en rapport avec ces dernières. Chaque jour, la Covid-19 fauche des vies. Chaque jour, parmi ceux dont la pandémie menace, pourtant, la santé, beaucoup continuent de penser que seul le mektoub dispose du pouvoir sacré de trancher sur la durée de vie de chacune et chacun et que nulle autre autorité n'est habilitée à redessiner, à son goût, l'avenir collectif et individuel envisagé pour tous dans des officines qui défient l'intelligence humaine. Comme pour tout ce que le quotidien impose ou offre gracieusement aux uns ou aux autres, lorsqu'il s'agit d'évènements aussi meurtriers que ceux que la planète entière connaît depuis quelques mois, il s'en trouvera toujours qui s'entêteront à penser que ces choses-là n'arrivent qu'aux autres. Et n'allez pas essayer de les convaincre du contraire, sauf lorsque c'est trop tard et que leur vie tourne court, comme pour le jeune Américain qui, avant de rendre l'âme, a regretté de ne pas avoir écouté les conseils qui auraient assuré sa survie. Combien sont-ils à désobéir aux recommandations et à quitter l'hôpital les pieds devant non sans en avoir infecté d'autres 'Je voulais, avant d'entamer cette chronique, ne parler que des exemplaires de corans distribués à un corps médical aux prises avec un méchant virus. L'intégrisme rampant ne renonce jamais. Il occupe chaque espace abandonné par une autorité en panne d'idées constructives et qui hésite à intervenir de façon efficiente pour apaiser les craintes d'une communauté médicale face à l'évolution de la pandémie. Comment interpréter l'initiative de nos faiseurs de fetwas '
M. B.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Malika Boussouf
Source : www.lesoirdalgerie.com