Le constat est alarmant : le rapport Doing Business 2020 de la Banque mondiale est sans ambages quant au cas Algérie. Si l'année dernière, le pays a réussi à gagner quelques places pour améliorer son classement, mais sans sortir de l'ornière puisque classé 157e économie sur les 190 étudiées par l'armada d'experts de la Banque mondiale, pour le classement de cette année, il a été établi que l'Algérie a fait du sur-place, ne favorisant guère le climat pour qui veut se lancer dans l'entrepreneuriat.En Algérie, se lancer dans les affaires n'est pas une sinécure. Pour s'en rendre compte, il suffit, donc, de jeter un ?il sur les performances réalisées entre la date de publication du rapport Doing Business 2019 et celui de cette année. Le rapport 2020 stipule que les économies du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord comptent parmi celles qui ont le plus au monde accéléré les réformes en faveur du climat des affaires, pays qui ont, en effet, mis en ?uvre un nombre record de réformes pour améliorer le cadre d'activité de leurs petites et moyennes entreprises, révèle le rapport qui exclut l'Algérie du rang des bons élèves, en raison de ses résultats pas du tout du genre à encourager la création d'entreprises.
Selon les experts de la Banque mondiale, au cours de la période de douze mois se terminant le 1er mai dernier, c'est-à-dire depuis la publication du rapport Doing Business 2019, les économies de la région ont engagé 57 réformes de la réglementation des affaires, contre 43 durant l'année précédente. Au total, 13 pays sur 20 ont procédé à des réformes, et l'Algérie, au grand désappointement de ses porteurs de projets économiques, a fait dans la stagnation, n'améliorant en rien les indices sur lesquels se fonde l'étude de la Banque mondiale, notamment pour alléger la réglementation. C'est un état des lieux qui remet ainsi totalement en cause le discours des autorités, notamment sous le gouvernement Ouyahia, louant l'amélioration du climat des affaires, balayant, comme si de rien n'était, les remarques et des entrepreneurs eux-mêmes et des spécialistes de la question qui, depuis de longues années, attirent l'attention des pouvoirs publics sur les affres qu'endure quiconque espère lancer une affaire dans le pays. Afin d'établir son rapport, la Banque mondiale se fonde sur une dizaine de critères qui vont du «démarrage d'une entreprise» à «l'exécution des contrats» en passant par «la délivrance de permis de construire » et «le raccordement au réseau électrique» ou encore «l'obtention de crédit» et «le paiement des impôts».
La revue en détail de ces critères nous apprend que l'Algérie se classe à la 181e place sur 190 pays étudiés sur le critère de «l'obtention de prêts». Une misère que n'atténuent en rien les autres rangs, tels le 121e pour l'obtention du permis de construire, le 165e dans le transfert de propriété, 102e dans le raccordement à l'électricité, le 179e pour le critère «protection des investisseurs minoritaires».
Globalement, donc, dans son rapport Doing Business 2020, la Banque mondiale met en lumière, si besoin est encore, la propension des autorités du pays à plus parler que faire, et surtout l'indépendance du pays vis-à-vis des hydrocarbures n'est qu'une chimère.
Azedine Maktour
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Maktour
Source : www.lesoirdalgerie.com