Le 9 juillet dernier, le ministère de la Jeunesse et des Sports, et en matière d'entraînements sportifs, a autorisé, dans un communiqué, leur reprise "dans un premier temps" uniquement aux "athlètes qualifiés ou qualifiables pour les jeux Olympiques de Tokyo de 2021". La même source d'information précise que "cette reprise sera dans le strict respect des mesures de protection générale et spécifique, propres à chaque discipline sportive". Quid des salles de sport ' "Leurs activités ont pris fin à la mi-mars après la décision du ministère", répond le coach Hichem Anseur, à la tête du club sportif amateur "Le départ d'Oran" de sports de combat. "Une interdiction renouvelée mois après mois alors que les athlètes d'élite ont été de nouveau autorisés à s'entraîner", précise-t-il.Ce dernier expose le cas particulier de sa salle de sport sise au quartier populaire Saint-Pierre, laquelle, et contrairement à celles gérées par l'Etat, doit faire face aux échéances locatives. "Je suis doublement pénalisé par rapport aux autres salles puisque je suis dans l'obligation de payer le loyer alors que l'activité est gelée depuis maintenant quatre mois." Malgré un beau palmarès récolté lors des différentes compétitions qui se sont déroulées à l'étranger et sa participation à plusieurs championnats nationaux et internationaux, notamment en Pologne, ainsi que la présence de ses athlètes à deux championnats du monde 2015 et 2016, au championnat d'Afrique en Tunisie en 2015, son club doit faire face à des difficultés financières exacerbées par l'absence de subventions locales, alors que d'autres associations sont coutumières de l'argent public.
"En trois ans, j'ai reçu 10 millions de centimes comme subvention. Elle va servir à quoi ' À financer la participation aux compétitions, à la location, à l'achat des équipements." Pour les salles à l'arrêt, ce sont leurs propriétaires et les entraîneurs qui se retrouvent en situation de précarité avancée. "Ils n'ont plus aucun revenu", regrette Hichem Anseur qui raconte que deux coachs sportifs ont publié des posts sur les réseaux sociaux pour appeler à l'aide. "Il y a même eu un appel aux dons pour aider un entraîneur à soigner son épouse", ajoute-t-il pour illustrer leur situation.
Pour pallier cette conjoncture, certains entraîneurs se tournent vers le système "D" en essayant de contourner les procédures actuellement en vigueur. "Ce sont des coachings au noir", explique notre interlocuteur, qui consiste à entraîner un petit groupe en pleine nature "juste pour avoir le strict minimum et pouvoir survivre". Il y a également ceux qui profitent de cette entorse pour faire de la publicité à leurs salles et recruter de nouveaux clients. "Le problème est à la base, l'entraîneur doit avoir un statut, avoir un Smic pour être payé en cas de problème et les pouvoirs publics doivent se mettre en relation avec les salles de sport pour régler tout ça", suggère notre interlocuteur.
Si l'état d'urgence sanitaire est maintenu, "les salles de sport vont définitivement fermer et les entraîneurs se recycleront dans un autre créneau", craint le coach Anseur. Son appel adressé aux responsables du secteur est d'ouvrir les salles de sport en excluant certaines disciplines qui demandent le contact physique comme le judo en gardant le karaté ou le kick-boxing. "Ils peuvent limiter le nombre d'athlètes dans les salles, contrôler ces dernières pour voir si elles répondent aux exigences d'hygiène et leur imposer un cahier des charges spécifique à cette période pour laisser les gens s'entraîner parce qu'ils sont à bout", propose-t-il.
Combiner sport et thérapie
Le retour à la pratique du sport est loin d'être un luxe ou un problème de riche, puisqu'il contribue au bien-être de la santé mentale. La salle de sport de Hichem Anseur ainsi qu'une autre travaillent en collaboration avec la psychologue clinicienne, Leïla Merad, à ce sujet. "Le sport occupe une partie très importante dans la thérapie", explique cette dernière qui ajoute que "l'une des premières choses qu'on demande aux patients dans les thérapies c'est de pratiquer du sport parce que nous vivons une période de grand stress qui peut mener aux névroses (dépression, anxiété, crise d'angoisse)".
Ce stress provoque des troubles psychosomatiques et "s'il est mal géré par la personne, il va provoquer des crises d'estomac ou des éruptions cutanées par exemple". Leïla Merad, en se basant sur son expérience, estime que le meilleur sport pour évacuer les émotions est le kick-boxing à but thérapeutique au travers de séances individuelles ou en groupe. "Mon collègue Hichem, qui est un professionnel, connaît la procédure thérapeutique. Les personnes doivent se concentrer uniquement sur leurs émotions, afin de les évacuer." Et de préciser : "Le sport est une partie de la thérapie, ce n'est pas toute la thérapie."
Les patients qui sont orientés vers la pratique du sport sont ceux qui ont un mauvais contrôle émotif, qui sont colériques, très anxieux et quelques types de dépressifs, mais il faut qu'ils soient en bonne forme physique. "On intègre aussi les arts martiaux pour les personnes qui manquent de confiance en elles." Mais avec le confinement "qui a été une catastrophe" et la parano que génère la Covid-19, "j'ai eu beaucoup de cas que je suivais qui ont rechuté car les gens qui gèrent leur névrose ont des directives pour les régler et ça leur demande énormément d'efforts. Si quelqu'un a une phobie sociale, il doit sortir, voir du monde. Quelqu'un qui ne gère pas ses émotions doit faire ses séances de sport.
Déjà, pour quelqu'un qui ne souffre pas de névrose, il est difficile de gérer le confinement, alors que dire de ceux qui suivent des thérapies '". À titre d'exemple, elle cite les cas de dépressifs qui suivaient une psychothérapie basée sur le sport. "Avec les salles de sport qui sont fermées, comment peuvent-ils évacuer leur stress '", s'interroge-t-elle. Comme solutions alternatives, ajoute notre interlocutrice, le recours au jogging ou à la marche rapide pendant 30 minutes pour qu'il y ait secrétion d'hormones du bien-être.
SAID OUSSAD
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Said OUSSAD
Source : www.liberte-algerie.com