La décision du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique au sujet de l'organisation et de la gestion de la reprise des activités pédagogiques, à partir du 23 août dernier, en commençant par des cours en enseignement à distance, n'a pas tardé à susciter une vive réaction du bureau de Tizi Ouzou du Conseil national des enseignants, Cnes-TO.Dans une déclaration rendue publique, le Cnes-TO a estimé que cette décision traduit "la peur et l'ignorance", mais aussi "la manière autoritaire et hypercentralisée qui prévalent dans le fonctionnement en vigueur dans le secteur de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique et dans sa gestion". Pis encore, le Cnes-TO accuse la tutelle d'avoir agi sans prendre en considération la situation sanitaire.
Et pour cause, a-t-il expliqué, "l'autorisation donnée pour subir des évaluations aux étudiants en mastère et doctorat pour soutenir leur mémoire, tous en présentiel, et l'exemption des étudiants de certains paliers de médecine de l'interdiction de reprise en présentiel sont autant d'éléments qui laissent penser que la raison pour laquelle la tutelle refuse réellement de rouvrir l'université n'a rien à voir avec les considérations sanitaires".
Une thèse rendue plus plausible, a accusé le syndicat, par la levée du confinement sur d'autres secteurs mais pas sur l'université. Pour le Cnes-TO, toutes les propositions qui ont émané de la base ont été les seules à avoir concilié les exigences sanitaires avec les exigences pédagogiques, parce que pensées et formulées par des enseignants."Par cette décision de la tutelle, on veut imposer aux étudiants le statut d'autodidacte", a ajouté le syndicat.
"L'étudiant n'est pas légalement tenu d'accepter en milieu de contrat qu'on lui impose le statut d'autodidacte qu'il n'a jamais choisi, autant l'enseignant n'est pas légalement tenu de produire de la bibliographie et encore moins de veiller à ce qu'elle parvienne ou soit accessible à l'étudiant par n'importe quel moyen", a répliqué le Cnes-TO.
À ce sujet, il a affirmé que l'université et la tutelle sont tenues d'assurer l'accès à la bibliographie et à la documentation sous toutes leurs formes, et ce, aussi bien aux étudiants qu'aux enseignants car, a-t-il souligné, "obliger l'étudiant au statut d'autodidacte, c'est déclarer arbitrairement ne plus avoir besoin des enseignants". "En cours, en TD ou en TP, l'enseignant est tenu aussi de décrire et d'expliquer.
C'est tout cela qu'il fait du présentiel un incontournable", a poursuivi le Cnes-TO. En dernier, le Cnes-TO a appelé "à une vraie reprise, c'est-à-dire en présentiel, de toutes les activités pédagogiques suspendues, et non à une reprise travestie ou différée à une date perpétuellement repoussée, parce que liée arbitrairement à l'évolution imprévisible de la pandémie".
K. T.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kouceila TIGHILT
Source : www.liberte-algerie.com