Oran - Revue de Presse

Le Cameroun au bout du suspense, l'Egypte logiquement



Au sein de chaque équipe nationale, il y a des traditions qui se perpétuent au fil des années lors de la réalisation d'un but. Certains joueurs de l'Afrique Noire s'adonnent à des danses rythmées avec force gestes à l'appui. Les Egyptiens, eux, préfèrent se prosterner. Lundi après-midi, ils se sont adonnés à cette cérémonie qui démontre leur humilité. Il faut dire que leur tâche n'a guère été aisée face à des Angolais qui ont confirmé leurs grands progrès et qui figurent désormais parmi le gotha africain. Si, techniquement et tactiquement, ces Angolais sont au top, en revanche, on peut leur reprocher d'avoir dépassé les limites de la correction, cherchant à imposer leur physique. Et comme les Egyptiens ne sont pas non plus des enfants de ch?ur, nous avons eu droit à un match musclé avec de rudes duels d'homme à homme. Dans ce registre, fatalement, on dirige son regard vers l'arbitre dont la mission première, dixit la législation dans sa loi 5, est de protéger les joueurs. Or, l'arbitre japonais Nichimura s'est avéré trop laxiste et s'est même fait bousculer par les Angolais lorsqu'il accorda un penalty aux Egyptiens. Au lieu du carton rouge qui s'imposait indiscutablement, il a brandi un carton jaune pour la faute commise par Ze Kalanga dans la surface. Et pourtant, Angolais et Egyptiens, lorsqu'ils l'ont décidé, ont démontré de séduisantes potentialités. Manucho, à titre d'exemple, a justifié son engagement à Manchester United en inscrivant un but d'une rare beauté. Quant aux Egyptiens, ils ont usé leurs adversaires par leur jeu collectif, leur sens du placement et leur solidarité. Sur le vu des occasions, les «Pharaons» ont mérité leur victoire. Il reste à savoir si la débauche d'énergie et les coups reçus face aux Angolais ne vont pas se répercuter sur leur prochain match contre les Ivoiriens, redoutables techniciens et ayant bénéficié d'une journée supplémentaire de repos. Ce sont là les règles de la compétition dont toutes les équipes participantes ont bénéficié tour à tour. Le second match fut encore plus rude, avec des Tunisiens et des Camerounais qui ont commis beaucoup de fautes dont une partie seulement fut sanctionnée par l'arbitre malien Coulibaly. Il a fermé les yeux sur de véritables agressions de part et d'autre et sur des écarts de conduite inadmissibles de la part de joueurs professionnels. Ce fut donc un long et monotone «mano-à-mano». Ceux qui n'ont pas vu ce match pourraient croire que ce jugement est excessif, d'autant plus que cinq buts ont été inscrits. C'est que les deux défenses et les deux gardiens ont commis des fautes de placement normalement mises à profit par les attaquants. Ces rencontres «au couteau» ne font le bonheur que des supporters inconditionnels de l'équipe gagnante, tant ils sont sans attrait pour les puristes. C'est la «loi» de la compétition, affirme-t-on dans l'entourage de cette CAN 2008 où, paradoxalement, l'offensive a été jusqu'à présent à l'honneur (deux matches seulement se sont terminés par un score vierge). Ceci ne nous empêchera de stigmatiser les interventions «réalistes» de nombreux joueurs. Ce match, assurément, laissera des traces sur les organismes. Les Camerounais risquent de s'en rendre compte le 7 février prochain face au Ghana.
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