Les Irakiens vont «fêter» dans quelques jours le 5èmeanniversaire de l'invasion de leur pays par l'armée américaine. Ce qui estarrivé dans ce pays au nom des mensonges sur les armes de destruction massiveet des liens présumés de Saddam Hussein avec Al-Qaïda- le Pentagone vient de reconnaître en catimini que ces liens n'existent pas - estun vrai crime contre l'humanité.L'assertion que cette guerre avait pour but la diffusion dela démocratie ne peut que provoquer la nausée quand on voit ce qu'il est advenude l'Irak: une fiction invivable, un peuple divisé en communautés armées et unearmée de mercenaires qui tirent les Irakiens comme on tire les lapins. En Irak,cinq ans après que la «civilisation» eut débarqué avec ses moyens de guerre, c'estla jungle: au moins un demi-million d'Irakiens tués, desréfugiés par centaines de milliers et un pays dont la division est déjàprogrammée.L'empire a détruit, manipulé et armé des Irakiens contreles autres. L'administration Bush, qui a menti sur tout et qui est responsabledu sanglant désastre irakien, se permet néanmoins de publier un rapport sur lesdroits de l'homme pour distribuer les bons et les mauvais points.Mais les choses étant ce qu'elles sont, ce n'est pas sur lenombre des Irakiens morts, ni sur les mensonges outranciers utilisés pourjustifier une guerre odieuse que l'administration Bush sera jugée par lescitoyens américains. Ce sera sur les coûts qu'ils auront à supporter. Et ilssont élevés, trois mille milliards de dollars, selon les estimations du prixNobel d'économie Joseph E. Stiglitz (voir LeQuotidien d'Oran du 13 mars), et autant au reste du monde. Stiglitznote que pour un sixième du coût de la guerre, les Etats-Unis seraient en mesurede rétablir le système de sécurité sociale de manière confortable pour plusd'un demi-siècle.L'exemple est intéressant car il montre à quel point cetteadministration est exclusivement au service du complexe militaire et pétrolier.Alan Greespan, ancien directeur de la Réserve fédéraleaméricaine, avait mis en émoi Washington en écrivant que «la guerre en Irak estlargement une question de pétrole». C'est pourtant, après la mise en évidence de tous les mensonges et de tous les cache-sexe (dontle misérable Grand Moyen-Orient), une vérité tenace. Si l'empire US a beaucoupdépensé en Irak, il entend bien se faire rembourser au centuple. Et le seulmoyen de se faire rembourser est d'imposer une nouvelle loi pétrolière quilégalise la prise de butin par les compagnies pétrolières américaines, tout enassoyant les conditions économiques de la partition de l'Irak.Le «gouvernement de la Zone verte» vient en effet d'adopter une loipétrolière dangereuse qui tourne le dos aux nationalisations, qui donne unpouvoir aux régions pour conclure des contrats avec les entreprises étrangèreset qui enlève toute capacité à l'Irak de maîtriser son niveau de production. Ceseront les entreprises étrangères qui pomperont comme elles l'entendent. Aprèsavoir détruit l'Irak, l'empire est en train de lui faire payer la note. Lanouvelle loi rencontre toujours des oppositions, mais celles-ci peuvent êtreréduites au silence dans un pays transformé en jungle et livré aux «saigneurs»de la guerre.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : K Selim
Source : www.lequotidien-oran.com